Économie : on est rentré dans le dur

Avec la mise en place de mesures de confinement quasi total pour deux semaines, c’est toute l’économie agricole qui est soumise à un crash test grandeur nature.

Maintenant que les mesures de confinement sont connues, c’est toute l’économie du pays qui est arrêtée et concentrée sur les activités essentielles. L’alimentation, bien sûr, fait partie de ces activités qui ne peuvent souffrir de ruptures. La partie s’annonce délicate, la fermeture des frontières va venir mettre en tension l’ensemble de la chaîne agroalimentaire française. Comme chez nos voisins (voir l’article : Italie et Espagne : l’agriculture victime du confinement !) les entreprises risquent de se trouver confrontées à des fermetures de marchés et de débouchés, à des problèmes de logistiques, de main d’œuvre. Christiane Lambert expliquait sur Facebook que la FNSEA négociait depuis samedi et les premières mesures avec le gouvernement pour permettre à l’activité agricole de se déployer. Le gouvernement a pris les devants, annoncé des mesures de report de cotisations, la MSA a fait de même avec les prélèvements sociaux, les banques mettent en place des dispositifs d’accompagnement… Mais déjà la semaine dernière Jean-Marie Fabre alertait les pouvoirs publics sur la situation des vignerons indépendants.

Une crise de plus, de trop ?
“La crise du coronavirus vient ajouter aux conditions difficiles que nous connaissons depuis la fin d’année dernière avec le ralentissement du marché chinois, les taxes Trump qui « nous ont déjà coûté 100 M € en quatre mois »” explique-t-il. “Le coronavirus provoque l’annulation de tous les salons de vignerons indépendants qui sont des moments importants pour notre secteur. Positionnés au printemps, ils nous permettent de faire rentrer de la trésorerie pour régler les mises en bouteilles de la fin d’année et payer les premiers travaux qu’il faut mener à la vigne.” Le président des vignerons indépendants de France réclamait des mesures forte, 100 à 200 millions d’euros. “Le déficit du pays est de mille milliards, je ne vois pas comment on pourrait chipoter pour 100 ou 200 millions de plus quand il s’agit d’une filière et de ses emplois.” Il demandait ainsi la mise en place d’un fonds de compensation immédiate sur les taxes Trump, l’ouverture de négociations vers des droits zéros avec la Chine et des mesures de soutiens spécifiques à la situation créée par le Covid-19, des reports d’annuité, des annulations de cotisations sociales sur un an pour éviter les licenciements, une année blanche pour les intérêts bancaires, un report des annuités d’emprunts et un dispositif de consolidation des trésoreries…

Yann Kerveno

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