Coronavirus : en Italie et Espagne l’agriculture victime du confinement

L’Italie et l’Espagne expérimentent le confinement depuis plusieurs jours. Ce qui n’est pas sans conséquences sur l’agriculture. Revue de détail avant les annonces d’Emmanuel Macron à 20 heures.

Si le ministre de l’Agriculture français Didier Guillaume a expliqué ce matin à la télévision que les agriculteurs « auront toujours le droit de travailler », en Espagne, les interdictions et le confinement heurtent le monde agricole. Les syndicats agricoles protestent contre la fermeture des marchés de plein vent qui touche une vaste frange de producteurs de fruits et légumes qui n’ont pas la grande distribution dans leurs clients. « Nous dénonçons la fermeture des marchés alors que les grandes surfaces restent ouvertes et en profitent pour augmenter les prix des fruits et légumes » dit en substance le syndicat ASAJA à Alicante. D’autres comme le président de l’association des marchands forain d’Alicante, font remarquer que la contagion pourrait, peut-être, être moins importante « en plein air que dans des magasins surpeuplés et fermés. » Et de réclamer des mesures fiscale et économiques importantes pour compenser les pertes. Le gouvernement lui a annoncé mettre les prix des denrées alimentaires sous surveillance.

Pénurie de main d’œuvre

En Italie, le claustration a donné faim aux italiens. Selon le principal syndicat agricole du pays, Coldiretti, cette surconsommation a gommé les effets négatifs des mesures de lutte contre le Coronavirus. Mais pour autant, les problèmes sont légions et la situation est difficile. Le président de Coldiretti, Ettore Prandini, explique à la presse italienne que la main d’œuvre saisonnière manque cruellement faute de libre circulation. Les saisonniers assurent chaque année 27 % des journées de travail de toute l’agriculture du pays. Et ce pile au moment où les premières productions agricoles de l’année arrivent au stade de la récolte comme les fraises et que les vergers ou la vigne réclament des travaux de printemps. Le syndicat italien demande la remise en place des « bons » qui permettrait aux agriculteurs de disposer de flexibilité pour embaucher du personnel italien pour parer au plus urgent, à 10 euros de l’heure. En parallèle, les tracteurs des agriculteurs sont mobilisés dans le pays pour nettoyer et désinfecter les rues et les places des villes et villages.

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