Tension sur le bois de chauffage [par Yann Kerveno]

Visiblement, les cheminées vont bien fonctionner cet hiver.

La crise énergétique touche les entreprises mais aussi les particuliers. Ainsi, l’augmentation du prix du fuel, celui du gaz ou de l’électricité ou encore des pellets pour poêle à granulés, a renforcé l’intérêt pour le bois de chauffage… Dans les Pyrénées-Orientales, les entreprises sont débordées… Alors qu’habituellement elles commençaient à travailler pour l’année suivante en novembre, elles sont, pour l’instant, toujours sur l’hiver qui nous attend. “Chez nous, le planning des livraisons est complet jusqu’à la mi-janvier” témoigne Véronique Abiven des établissements éponymes, à Maureillas. “Les gens ont un peu paniqué à force de regarder les infos, nous avons vu venir beaucoup de nouveaux clients ces dernières semaines, mais nous avons donné la priorité à nos anciens clients.” Par contre, pour répondre à la demande en bois de chauffage, l’entreprise de Maureillas a stoppé sa production de piquets en châtaignier pour l’hiver. À Espira de Conflent, Anne Dubail (Bois du Canigou) ne dit pas autre chose. Elle confirme l’afflux d’une clientèle nouvelle depuis la rentrée, même si la pression est un peu retombée ces derniers jours.

La peur d’avoir froid

“Les gens ont simplement eu peur d’avoir froid cet hiver” explique-t-elle. “Nous avons vu une dame qui n’avait pas allumé sa cheminée depuis quatorze ans nous acheter du bois cette année.” Et les prix ? Ils ont augmenté, forcément. “Nous avons passé deux euros par stère à la fin août” précise Véronique Abiven. Pour sa part, Anne Dubail a aussi augmenté, “mais c’est délicat, deux euros de plus peut vous faire perdre une commande…” Son mari, Jean-Luc, entre dans la conversation : “Pourtant, tout augmente, le prix du bois que nous achetons ici mais aussi jusque dans la Creuse pour le chêne, le transport, le fuel pour les engins de l’entreprise… Nos coûts de revient ont pris 20 % depuis le début de l’année.” Faut-il pour autant craindre une pénurie hivernale ? Non, les deux entreprises se veulent rassurantes : “nous sommes exploitants, nous avons des coupes et le matériel qui nous permet d’assurer” précise Véronique Abiven. Et du côté d’Espira, Jean-Luc et Anne Dubail ont anticipé et acheté plus de grumes que les années passées pour tenir l’hiver.

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