Parce que rien n’est jamais simple – sem. 39-2022 [par Yann Kerveno]

Tous au self !

L’entreprise mexicaine Agrofesa n’est pas un petit joueur avec 800 ha de production de légumes frais, dont une bonne partie de raisins de table exportés ensuite vers les États-Unis ou l’Asie. Pour fidéliser ses salariés, l’entreprise ne lésine pas sur les moyens. Après avoir offert l’accès à une crèche pour leurs enfants, mais aussi une école élémentaire et des installations sportives, un cabinet médical, le tout géré par une fondation récemment mise sur pied, elle vient de construire un self qui aura pour fonction de nourrir les 400 salariés, mais aussi leur famille. “Si nous voulons prendre soin de nos clients et consommateurs, il faut commencer par nos collaborateurs pour renforcer leur capacité à œuvrer pour la qualité de nos produits” justifie César Ortiz, PDG d’Agrofesa.

Les villes sont désormais à la campagne !

Alphonse Allais, à moins que ce ne soit Jean-Louis-Auguste Commerson, la paternité de cette sentence étant encore sujette à caution, bref, ni l’un ni l’autre n’ont peut-être imaginé que leur pensée puisse devenir une réalité tangible. C’est pourtant bien le sens de la remarque de notre confrère Vincent Ter Beek, rédacteur en chef néerlandais de la revue anglophone Pig Progress qui, comme son nom l’indique, est entièrement dévolue à l’actualité de la production porcine. “Mon pays, au lieu d’avoir des villes dans la campagne, est en train de devenir une cité-État parcourue d’un patchwork de réserves naturelles et de bouts de campagne” écrit-il. “Dans le vaste chaudron du développement agricole qui a fait de mon pays le deuxième exportateur mondial, se sont invités de nouveaux acteurs, les politiques, les vedettes des médias, les environnementalistes et les welfaristes puis la justice, qui a condamné le gouvernement et une partie de l’agriculture sur la question des émissions d’azote.” Obligeant le pays à envisager de réduire de moitié la production de cochons en particulier. 

Sa conclusion est en forme de prière. “Dans un pays de la taille d’un timbre-poste, qui touche ses limites avec une population et un urbanisation en constante progression, le futur ne sera fait que de nouvelles batailles pour l’espace et, puisque dans une démocratie la majorité l’emporte, souvenons-nous que la majorité vit justement dans les villes aujourd’hui. J’espère donc seulement qu’un futur gouvernement saura, pour dégager une solution, trouver une voie de compassion et de coopération pour que tout le monde soit entendu.”

Manque 9 millions de tonnes

En attendant, les Russes jouent clairement avec la sécurité alimentaire en Ukraine. Selon un reportage de l’agence Bloomberg, l’armée russe a détruit ou pris le contrôle de 14 % des capacités de stockage de grains ukrainiennes. Ce qui réduit la capacité du pays à stocker ses récoltes en cours à 49 millions de tonnes, contre 58 millions de tonnes avant le conflit. Et Vladimir Poutine répète à l’envi qu’il peut torpiller l’accord, signé au milieu de l’été pour laisser sortir les cargaisons de céréales par voie maritime, au motif qu’il trouve que trop peu de ces céréales prennent le chemin des pays pauvres.

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