La MSA déploie son empreinte M.S.A. by MSA Grand Sud

L’interview de Denis Ramet, directeur général de la MSA Grand Sud.
La MSA a su résister jusqu’ici, en s’adaptant aux multiples reformes qui lui ont permis, entre autres, de ne jamais être absorbée par le régime général. Comment l’organisme que vous dirigez va-t-il s’y prendre pour transformer l’essai dans les années à venir et faire valoir son statut auprès des pouvoirs publics, plutôt enclins à la refonte et à la fusion des organismes sociaux ?

La sphère sécurité sociale est sujette aux réformes notamment de rationalisation. Les conventions d’objectifs et de gestion entre l’État et la CCMSA tracent les objectifs à attendre et impactent nos fonctionnements. Nous travaillons quotidiennement à l’adaptation de nos organisations et à l’amélioration du service attendu. Notre avenir est à ce prix. Pour autant, corolaire des rationalisations successives, les baisses de nos moyens de fonctionnement engendrent des effets contre-productifs, les importantes contritions imposant de jongler entre le quotidien, la conjoncture, et l’apparition de sujets nouveaux à traiter. Nos réponses peuvent dès lors apparaître comme imparfaites et susciter du mécontentement.
La MSA, acteur reconnu pour ses valeurs, son ancrage dans les territoires et son savoir-faire se perfectionne et argumente sans relâche pour ne pas reculer sur le champ de la protection sociale agricole qu’elle offre, et notamment son guichet unique, marque de fabrique du “tout en un au service de ses populations”. La mobilisation active de ses élus et de ses équipes lui permet de transcender ses valeurs fondamentales : démocratie, proximité, guichet unique, pour rendre à ses ressortissants le meilleur service allant de la plénitude de leurs droits à leur accompagnement quotidien notamment lors des difficultés. La Cour des comptes ne s’y est pas trompée en soulignant l’intérêt du rôle porté par la MSA.
En synthèse, remettre en question l’existence de la MSA, même en l’intégrant à une autre organisation, emporte le risque de déstabiliser le sensible équilibre agricole. Nos mécanismes spécifiques de prévention et d’accompagnement des crises, nos offres de service dans le champ de la protection sociale sont synonymes de l’attention qu’il nous faut sociétalement et collectivement porter au secteur agricole, nourricier du pays. Il ne semble pas qu’il faille dissoudre la spécificité du monde agricole, réponse aux fractures des territoires ruraux, aux nombreux défis économiques et sociétaux. La MSA est à la fois une organisation professionnelle agricole et un organisme de sécurité sociale de terrain agissant comme opérateur de services prenant par exemple une part active dans les France Services. Ne constitue-t-elle pas l’un des derniers services publics de proximité pour la population rurale ?
Il est incontournable que la COG en cours de négociation alloue les moyens nécessaires aux ambitions de l’État pour l’agriculture de notre pays et de nos territoires.

Le contexte actuel et la crise sanitaire qui lui est corrélée auront-ils un impact sur le fonctionnement de la MSA, sur sa capacité à gérer les demandes de ses ressortissants ?

Les équipes de la MSA Grand Sud ont su s’adapter afin que les impacts soient limités pour nos ressortissants. Malgré la crise sanitaire et en respect des mesures barrières, notamment le télétravail, notre mission de service public est pleinement assurée. Il est important de relever que nos adhérents ont également su s’adapter en privilégiant massivement les contacts dématérialisés. La MSA continue, pour les situations le nécessitant et pour les visites médicales, à recevoir ses ressortissants sur rendez-vous : la rencontre avec l’adhérent est préparée en amont et le temps d’échange optimisé. Le mot d’ordre donné aux services est l’écoute des difficultés du terrain. Aujourd’hui, globalement, les délais et le traitement des dossiers sont maitrisés. La vigilance est de mise et nous ajustons constamment nos modes de fonctionnement pour corriger le plus rapidement les éventuelles et inévitables imperfections pour satisfaire au mieux nos adhérents.

La MSA sera certainement sollicitée, dans le cadre notamment de prises en charge ou de reports de charges, suite au récent sinistre gel qui a lourdement impacté l’agriculture des P.-O. Où en est l’évolution de ce dossier ?

La MSA Grand Sud a malheureusement une certaine expérience dans la gestion des sinistres climatiques se succédant chaque année dans nos départements. Je garde notamment en mémoire l’épisode de grêle qui a touché l’Aude en 2014. Dès connaissance de ce nouveau sinistre, nous avons insisté sur la nécessaire écoute et bienveillance à dispenser à nos ressortissants qui sont, on le comprend aisément, mis à mal. Notre mobilisation est protéiforme et se poursuivra sur le long terme. Elle vise à aider tous nos ressortissants quelque soient les circonstances et notamment à prévenir les situations de mal-être.
Nous avons élaboré, à destination de tous, un vade-mecum des dispositifs et outils disponibles à ce jour, pour permettre ainsi d’orienter nos ressortissants vers les services compétents. Ces dispositifs seront complétés par ceux qui seront décidés par les pouvoirs publics prochainement, suite aux annonces du Premier ministre. En lien avec le Conseil départemental et la Chambre d’agriculture de l’Aude, nous contribuerons à tenir des permanences sur les secteurs les plus touchés. Ce guichet unique facilitera la complétude des dossiers par les exploitants, qui retrouveront en un même lieu tous les interlocuteurs nécessaires à sa prise en charge.
Comme vous le voyez, la MSA Grand Sud est plus que jamais aux côtés de ses ressortissants, en jouant pleinement son rôle d’amortisseur social, et en étant une force tant de proposition que de co-construction avec nos partenaires pour assurer une prise en charge transverse de nos ressortissants.

Quels sont les grands chantiers à venir au sein de la MSA Grand sud en adéquation avec l’évolution de notre société, le vieillissement des populations agricoles, la diversification des activités ou encore le management d’un organisme qui vient de changer de gouvernance ?

L’évolution de la société amène à repenser nos modes de fonctionnement, tant en interne qu’en externe. La nouvelle mandature a été l’occasion de mettre en place un outil innovant nommé M.S.A by MSA Grand Sud, pour Moderne, Sociétale et Active. Plus qu’un projet d’entreprise, c’est le déploiement d’une philosophie multi dimensionnelle permettant de donner de la cohérence à nos différentes actions. En interne, les salariés sont invités à revisiter leurs habitudes de travail, en étant force de proposition pour insuffler de la modernité dans nos process, avec pour objectif de rendre un meilleur service à nos adhérents par une amélioration des conditions de travail. ​En externe, nos élus doivent embrasser pleinement leur rôle, en faisant remonter les besoins des territoires et contribuer ainsi à l’amélioration des conditions de vie des populations rurales, souvent délaissées. Le dernier axe de notre outil est l’axe partenarial. Il est en effet indispensable de travailler avec les autres intervenants pour répondre aux nouveaux défis sociétaux, tant ceux-ci sont complexes et multiformes. Nous ne pourrons avancer et obtenir des résultats qu’en agissant collectivement, en coordonnant nos efforts et nos actions.

Notre assemblée générale, qui se tiendra le 28 mai prochain à distance, en mode dématérialisé, sera un moment politique fort et illustrera la force de notre démocratie sociale, notamment en ce qu’elle permet le partage et l’expression des besoins des populations. Elle mettra également en lumière notre volonté de prendre à bras le corps les défis sociétaux pour y apporter des réponses. Le conseil d’administration a retenu comme thématique la lutte contre l’isolement des personnes en perte d’autonomie dans les milieux ruraux. Une table ronde réunira de nombreuses personnalités expertes dans ce domaine afin d’offrir un débat riche et d’actualité à nos élus. Notre volonté est de démontrer que la MSA Grand Sud est un acteur incontournable des territoires.

Propos recueillis par Jean-paul Pelras

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