Parce que rien n’est jamais simple 2022 – #29 [par Yann Kerveno]

Pénurie de ruches en Australie

Ce ne sont pas moins de 80 000 ruches qui risquent de manquer dans l’État de Victoria, en Australie, au printemps prochain, selon l’organisation des producteurs d’amandes. En cause, la découverte dans le pays de ruches contaminées par le Varroa, un puissant parasite capable de décimer les ruches, autour du port de Newcastle. Le parasite a depuis été découvert dans 40 endroits différents et les apiculteurs doivent désormais demander un permis spécial pour faire voyager leurs ruches après inspection.

Panique sur les avocats

Au Pérou, les producteurs d’avocats se font du souci. En cause, l’impossibilité pour le pays de se procurer des engrais azotés, trop chers sur le marché mondial. Et pourquoi l’avocat est plus concerné que les autres cultures ? Parce que c’est un des principaux produits agricoles exportés par le pays, 510 000 tonnes prévues pour cette année. Sur 50 000 hectares plantés dans le pays, 23 000 sont détenus par de petits producteurs qui seront les premiers affectés par la pénurie d’engrais et 50 % de la surface totale plantée dans le pays pourrait être concernée. Avec le risque, faute d’engrais, que les avocats arrivent sur le marché avec des peaux plus fragiles et donc souvent dégradés.

Sous les pavés, la colère

En Europe, ça gronde fort aux Pays-Bas et en Allemagne. “Pour une fois, ce ne sont pas les paysans français qui montent des barricades dans les rues” fait remarquer notre consœur Natasha Foot dans son billet Agrifood Brief du 15 juillet. En cause, nous l’avons déjà évoqué, la réduction annoncée de 50 % des rejets, d’ammoniac en particulier, dans tout le pays et jusqu’à 70 % dans certaines zones soumises à très forte pression (Natura 2000). Plan qui impose de réduire d’un tiers le cheptel du pays qui compte 4 millions de bovins, 12 millions de porcs et 100 millions de poulets. Un “coup de poignard” pour les organisations syndicales agricoles du pays qui estiment que leur agriculture est “déjà une des plus durables du monde.”
Une affaire à suivre parce que la France, comme tous les États européens, a aussi des objectifs de réduction d’émission d’ammoniac (- 4 % en 2029 et – 13 % à partir de 2030 par rapport à 2005). Objectif que notre pays risque d’avoir du mal à tenir et de se voir confronté, comme l’État hollandais, à la justice.

Et bronca en Espagne

Parce que tout le monde sait que les clauses miroirs (aux alouettes) sont un vœu pieux impossible à mettre sur pied, les producteurs de volailles espagnols sont furieux contre l’Union européenne. Celle-ci a en effet accepté l’entrée sur le sol communautaire de volailles en provenance du… Maroc. L’interprofession des producteurs de volaille espagnols a réagi par un communiqué pour expliquer que les consommateurs espagnols sont habitués à acheter des produits de haute qualité garantie par le modèle européen, en particulier en matière de bien être…
Critères auxquels la production marocaine ne satisfait pas en dépit des assurances apportées à l’Union européenne sur d’autres sujets. Et rappellent ironiquement que les tomates marocaines, massivement importées, ne répondent pas non plus aux standards de production en vigueur en Europe.

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