Parce que rien n’est jamais simple 2022 – #08 [par Yann Kerveno]

Complicités

On s’en doutait un peu mais cela va mieux en le sachant. Nos confrères du site Arrêt sur Image ont eu accès à une volée de mails issus de l’association abolitionniste L214 qui viennent remettre les pendules à l’heure. Dans une enquête publiée en deux volets, on y apprend, ô surprise, que certains journalistes (Charlie Hebdo, Libé, Paris Match, mais aussi Brut, Hugo Clément…) travaillent main dans la main avec l’association. Au prix d’une abolition totale (si ce n’est de la consommation de viande) du discernement et de la déontologie propre, en principe, au métier de journaliste. Ainsi l’auteur de l’enquête expose les complicités (relectures ou carrément écriture d’articles, dons…) entre une poignée de journalistes et l’association. Qui aura beau jeu, maintenant, de venir jeter l’opprobre sur le “sale travail des lobbies de la viande” et qui fera perdre à la nécessaire lutte contre la maltraitance animale, sinon de sa superbe, au moins de sa crédibilité… Ou pas.

La prairie flambe

On parle souvent ces dernières semaines, enfin, mois et presque années maintenant du “retour à la campagne”, mais sachez que cette tendance n’est pas seulement à l’œuvre dans nos bucoliques campagnes, on la constate aussi jusque dans le Tennessee, aux États-Unis, comme le raconte le New-York Times qui est allé enquêter à une heure et demie de Nashville. Et pourquoi cet exode ? Parce que la vie à la ville est en grande partie devenue bien trop onéreuse ! En Irlande, c’est le prix des terres qui flambe et, une fois n’est pas coutume, ce sont les prairies dont les prix s’envolent, plus que les terres labourables… En Inde, les agriculteurs sont de nouveau dans la rue. Après avoir fait plier le gouvernement sur la réforme du commerce des produits agricoles, ils entendent cette fois obtenir la levée du moratoire prononcé sur le coton OGM Bt.

1,1 million d’hectares bios

Plus près de nous, en Bretagne, la myriade de mouvements de la gauche décroissante se trouvaient-ils trop éparpillés ? Toujours est-il qu’ils ont ressenti le besoin de se fédérer en une coordination vouée à se battre contre l’agro-industrie. Et qui retrouve-t-on dans ce vaste et hétéroclite mouvement ? Les faucheurs volontaires, Attac, la Confédération paysanne en passant par l’union de syndicats Solidaires. Changeons de territoire, quitte à faire tourner de l’œil cette nouvelle confédération. En Australie, une entreprise a racheté la plus grande ferme bio du monde. Vous êtes assis ? Il y en a pour 100 M $ australiens et cela représente 1,1 million d’hectares et 35 000 têtes de bétail…

Douche froide (mais végétarienne)

Michel-Édouard Leclerc a récemment beaucoup fait parler de lui avec sa baguette à 29 centimes, arguant que 20 % des Français ne mangeraient pas pas à leur fin. Le sociologue Olivier Galland a pris le temps, chiffres à l’appui de démonter cette assertion. Et M-E.L., comme on l’appelle parfois, a un peu tordu les chiffres pour faire passer son coup de com’. Autre grand patron à prendre la parole récemment, Steve Cahillane, qui dirige Kellog, a peut-être un peu douché les espoirs du secteur des alternatives végétales à la viande en prédisant la survenue d’un bug prochain. La cause ? Trop de nouveaux acteurs sur la place, il faudra donc que le marché corrige cette pléthore. Saignant.

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