Parce que rien n’est jamais simple #12 [par Yann Kerveno]

Un champignon tueur

Avec la réduction de leurs sources de nourriture, l’usage des pesticides, le varroa est une plaie mortelle pour les ruches et le fameux syndrome d’effondrement qui les frappe. Des chercheurs américains ont développé une arme nouvelle, non chimique, pour régler radicalement le problème avec un… champignon, le Metarhizium. Ce champignon, qui a tout d’une moisissure, a la particularité d’être entomopathogène, c’est-à-dire qu’il parasite les insectes jusqu’à les tuer. Facile, mais ces champignons sont aussi sensibles à la chaleur et pour s’attaquer aux varroas qui peuplent les ruches, ils doivent pouvoir en supporter la température, autour de 35 °C. Le travail des chercheurs a donc consisté à développer une variété de Metarhizium capable de répondre à cette exigence. Et ils y sont parvenus, ouvrant la voie à un nouveau type de prophylaxie. Les abeilles, elles, sont indemnisées contre les spores de Metarhizium et ne risquent rien.

Une fausse bonne idée ?

Si vous êtes familiers de ces lignes, vous savez que la production de protéines sans passer par les animaux est la grande question de ce début de siècle. Une entreprise américaine développe des procédés pour transformer en protéines, par une fermentation créée là encore par un champignon, les résidus de cultures, feuilles, racines, de maïs de blé, de riz ou de canne à sucre… Quorn Foods, c’est son nom, a estimé à 8 milliards de tonnes le gisement mondial que ces résidus représentent. Attendons de voir, mais sachons aussi que si les résidus sont extraits des parcelles, ils ne pourront pas servir à enrichir la vie des sols et donc leur fertilité et leur résistance à la sécheresse par exemple. Quand on vous dit que rien n’est simple !

La bonne pêche

Les policiers européens d’Europol ont mené depuis le début de l’année une vaste opération de démantèlement de trafic de pesticides contrefaits ou interdits. S’ils ciblaient alors le Chlorpyrifos, leur quête ne s’est pas contentée de ce produit. Au total, en cinq mois, les policiers ont saisi 1 203 tonnes de produits illégaux, d’une valeur estimée à 80 M €, dont 100 tonnes de contrefaçons saisies chez des fabricants. Ils ont aussi relevé 763 infractions et arrêté 12 personnes, 7 en Italie et 5 en Espagne. C’est la sixième opération de ce genre menée par la police européenne. Depuis le début des opérations 3 771 tonnes de produits illégaux ont été saisies.

Serons-nous importateurs ?

C’est la crainte exprimée fin juin par l’association européenne Coceral (commerce du grain) face aux objectifs du plan Farm to Fork qui structure la prochaine PAC, dont les grands principes ont été approuvés il y a quelques jours. Rappelant que Farm To Fork prévoit de porter à 25 % la part des surfaces cultivées en agriculture biologique contre 8 % actuellement, que l’usage des pesticides doit être réduit de 50 %, l’association a calculé que ces mesures pourraient faire tomber la production de céréales européenne à 109 millions de tonnes en 2030 contre 128 millions attendus cette année.

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