Le nombre d’installations se maintient [par Georges Yau]

Depuis 2015 le nombre d’installations aidées n’a fait que croître, passant de 15 dossiers Jeune Agriculteur en 2015 à 35 en 2020, et 36 l’an dernier. Et 2022 semble être partie sur le même rythme. Cependant le type de projet évolue, en réponse aux marchés et aux attentes de la société. Pour accompagner au mieux ces projets, la Chambre d’agriculture a donc mis en place un accompagnement “sur-mesure”.

Le détail des installations par filière

En viticulture, le nombre d’installations était en augmentation en 2021, avec 15 projets, dont 4 en cave coopérative et 11 en cave particulière. Un seul était en conventionnel, les 14 autres en bio. Il s’agissait pour 60 % d’installations dans le cadre familial, contre 40 % en création hors cadre familial. La taille moyenne était de 18 ha, ce qui, au final, ne permet pas de compenser les départs en retraite. Plus inquiétant encore, depuis le début de l’année, une seule installation a été accompagnée en viticulture. Et peu de projets sont en émergence… Les crises successives de la Covid, de l’Ukraine, mais aussi les aléas climatiques ont donc des répercussions bien concrètes sur l’installation dans la filière viticole.

En arboriculture, on compte 3 installations, en pêches-nectarines, toutes en bio, dans le cadre familial, avec vente en circuits longs.
En maraîchage, on dénombre 4 installations dont 3 sur un modèle d’installation devenu majoritaire depuis 3 ans : hors cadre familial, en bio, avec vente en circuits courts.
En élevage, le nombre d’installations est stable avec 13 installations en 2021. Les projets sont très diversifiés : bovins et ovins viandes, caprins et ovins avec transformation fromagère, poules pondeuses, canards gras, apiculture, porcs. Sur ces 13 jeunes producteurs, les deux tiers se sont installés hors cadre familial, et autant sont en bio. Enfin tous pratiquent la vente en circuits courts.

Des projets orientés sur le bio et les circuits courts et générateurs de main d’œuvre

Sur l’ensemble des installations, près de 80 % sont en bio, proportion historiquement haute. Plus largement, 95 % des projets intègrent une dimension agro-écologique : HVE, bio, MAEC, économie d’eau, utilisation de sources d’énergies renouvelables…
En augmentation constante depuis 5 ans, la vente directe est pratiquée par 86 % des projets accompagnés en 2021, et pour 60 % il s’agit même de leur seul mode de commercialisation. Autre tendance qui se confirme d’année en année : la transformation de tout ou partie de la production, qui concerne 72 % des installations. Toutes les tendances amorcées depuis 3 ans se sont donc confirmées et même accentuées en 2021.
Enfin ces projets représentent 62,5 chefs d’exploitation (associés et conjoints collaborateurs compris) et 45 salariés en équivalent temps plein, soit 107,5 emplois directs, en augmentation de 43 % par rapport à 2020.

Le profil des nouveaux installés évolue

L’âge moyen des candidats à l’installation recule un peu et passe à 32 ans en 2021. Les femmes représentent 30 %, soit beaucoup moins qu’en 2020 (46 %).
Plus de la moitié se sont installés dans le cadre familial, ce qui est un retournement de tendance significatif puisqu’ils étaient à peine un quart à s’installer sur l’exploitation familiale en 2020. La proportion de reprise d’exploitation, dans le cadre familial ou non, est également en augmentation et concerne aujourd’hui 2 installations sur 3. Faut-il y voir les signes d’un regain d’intérêt de la part des filles et fils d’agriculteurs ? Il est trop tôt pour le dire, mais cet indicateur sera à suivre.

Un accompagnement sur-mesure pour sécuriser les projets

Tous ces projets mettent en lumière la richesse de nos terroirs et toute l’étendue du savoir-faire des agriculteurs du département. Mais ils nécessitent un accompagnement “sur-mesure”, permettant d’aborder des problématiques de plus en plus complexes : techniques, réglementaires, commerciales, subventions… Dans ce contexte d’augmentation des besoins d’accompagnement et de suivi des porteurs de projet, la Chambre d’agriculture a adapté son offre de service. Elle propose ainsi un accompagnement à l’émergence gratuit afin d’aider le candidat à réfléchir aux grandes lignes de son projet.
Si ce projet prend forme et que l’idée de s’installer se confirme, un diagnostic de faisabilité, une étude économique prévisionnelle et un suivi sur 4 ans peuvent être mis en place. Les conclusions sont ensuite synthétisées dans un document concis et didactique sous la démarche ProAgri développée par le réseau national des Chambres d’agriculture. Enfin en 2022, la Chambre d’agriculture a développé une nouvelle formation : “Construire un projet viable, le chiffrer et savoir le présenter”. Elle permet à tout porteur de projet d’établir son business plan et de savoir le présenter à ses futurs partenaires (banques, collectivités…).

Georges Yau
Chargé de missions
Service Entreprises
Chambre d’agriculture des P.-O.

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