Parce que rien n’est jamais simple 2022 – #24 [par Yann Kerveno]

Gare au porte-monnaie

Il faudra garder un œil sur la question de l’inflation parce que c’est probablement une des clés de l’actualité de ces prochains mois. Ainsi, aux États-Unis, des voix s’élèvent pour dénoncer les industriels de l’agroalimentaire qui forceraient, peut-être, un peu les choses. Les chiffres sont parlants : en un an, entre avril 2021 et avril 2022, le prix des œufs a augmenté de 22,6 %, celui de la viande de poulet de 16,4 %, le lait et la viande de bœuf progressant de 14 %, le porc de 13,7 %… Quand l’inflation des prix des aliments, toutes catégories confondues, fut, sur la même période, de 11 % et l’inflation générale aux États-Unis de 8,3 %… Alors où est le problème ? C’est juste que les hausses de prix ne seraient pas forcément justifiées. Ainsi le géant Tyson Foods aurait vu ses coûts de production progresser de 1,5 milliard de dollars au cours du deuxième trimestre de son exercice fiscal 2022 (coût du grain, du travail, de l’énergie), quand les augmentations de prix ont généré un chiffre d’affaires supplémentaire de… 2 milliards de dollars. Voilà 500 millions de dollars tombés du ciel, enfin, de la poche des consommateurs. Une marge confortable à laquelle il faut ajouter ensuite celle des distributeurs. Comment dit-on ? Il n’y a pas de petits profits ?

Résister à la rouille

Pendant ce temps, les chercheurs cherchent et ils trouvent. Ainsi, début mai, on a appris qu’une équipe internationale était parvenue à isoler puis transférer un gène de résistance à la rouille dans un blé. Et où diantre ont-ils trouvé ce gène ? Dans un cousin sauvage du blé moderne, Aegilops
sharonensis qui est endémique au Sud du Liban et en Israël. En Chine, après la papaye et le coton, le maïs et le soja auront le droit aux semences OGM, probablement dès la prochaine campagne. En effet, si 11 variétés de maïs et trois de soja ont reçu un feu vert “technique” des autorités chinoises, il leur manquait encore l’autorisation de commercialisation, faute de cadre d’évaluation. Celui-ci a été rendu public la semaine passée et permet donc le début de l’instruction des dossiers d’autorisation.

Du maïs pour l’éthanol

Aux États-Unis, les cultures d’été sont globalement en place. 78 % des sojas ont été semés dans le pays, pour une moyenne de 79 % à date équivalente ces cinq dernières années, tout comme l’ont été 94 % des maïs, pour une moyenne de 92 %. Il vaut mieux que cela se passe bien pour le maïs puisque les autorités américaines ont porté le quota de production d’éthanol de maïs, pour faire rouler les voitures, au niveau record de 15,25 milliards de gallons (57 milliards de litres).

L’Égypte veut des stocks

En Égypte, le gouvernement a adressé une demande officielle de prêt à la banque mondiale pour 500 millions de dollars pour acheter du… blé. Ce pays est un des plus affecté par la guerre en Ukraine. Les importations couvrent 62 % de sa consommation et 85 % des importations égyptiennes avaient pour origine, jusqu’à cette année, la mer Noire. Niant être dans le besoin, la moisson est en cours dans le pays et devrait apporter 10 millions de tonnes de grain, les autorités égyptienne expliquent vouloir constituer des stocks de sécurité au cas où le conflit perdure et que se multiplient les interdictions d’exporter, comme celle prise par l’Inde après le gros coup de chaud de ces dernières semaines.

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