Fanfaronnades, mensonges et débandade [par Jean-Marc Majeau]

Finalement, comme prévu, voici donc annoncée la fin du calvaire. Depuis plus de 12 mois, notre vie est rythmée par la litanie pluri-hebdomadaire de chiffres épidémiologiques alarmants, d’objectifs fluctuants et de consignes sanitaires dont personne n’a jamais vraiment compris l’intérêt stratégique. Nous pourrions imaginer que ces bonnes nouvelles seraient liées à une baisse de la virulence virale, du nombre de cas, ou de la fréquentation des réanimations. Nous pourrions croire que la formidable efficacité d’une vaccination menée “tambour battant”, aurait entrainé une protection massive par l’immunisation collective. Tel n’est pourtant pas le cas. La situation sanitaire est mauvaise, plus incertaine que jamais du fait de l’apparition de nouveaux variants viraux circulants et de la flambée épidémique dans les pays pauvres. La vaccination n’en finit plus de décoller. Et les chiffres restent dans le rouge. La logique voudrait donc que l’on continue la stratégie sanitaire imposée depuis mars 2020 : la guerre, quoiqu’il en coûte, contre ce virus déclaré mortifère. Les médias devraient égrener des chiffres toujours affolants. Le Conseil de défense devrait nous contraindre à l’isolement. Les écoles et les transports devraient fermer…

Et bien non ! Le discours officiel, loin de son crédo d’hier, se veut maintenant rassurant. Les mêmes chiffres seuils, barrières infranchissables au-delà desquelles les restrictions s’imposaient à nous, sont aujourd’hui considérés comme les témoins d’une défervescence virale et la promesse d’un été radieux. Parce que c’était prévu ! La date du mois de mai 2021 était cochée de longue date. Elle correspondait à la limite à partir de laquelle le seul sujet digne d’intérêt serait celui des prochaines échéances électorales ! En rangs serrés, le doigt sur la couture du pantalon, les troupes LREM devaient alors, à l’unisson, vanter les mérites du chef, en louer la perspicacité et l’efficience stratégique qui l’avait conduit, en opposition avec les conseils scientifiques, à parvenir à maîtriser, puis à surfer sur le succès acquis face au virus, et apparaître comme étant “l’homme providentiel” auquel la France, au cours de son histoire, a toujours voulu croire.

La stratégie du coucou et le sauve qui peut général…

Oui mais, manque de chance, la menace persiste. Et, malgré les effets de manche, le fiasco n’échappe plus à grand monde. Comme pour les masques, les tests, le déconfinement, la stratégie vaccinale s’est transformée en bérézina ! Les doses n’arrivent pas. Le public refuse certains produits. Nous sommes parmi les plus mauvais élèves de l’Europe ! On en appelle à Gilbert Bécaud, à Sheila. Mais le doute est tenace. Le nouveau monde en est réduit à utiliser les artifices d’image du ministre Kouchner en Somalie en 1992, un sac de riz sur l’épaule au journal de 20 h ! Notre ministre de la Santé, après avoir montré ses deltoïdes, promet maintenant de mettre la blouse face aux caméras pour accélérer les injections ! Il ne reste vraiment plus grand-chose pour remporter la mise ! À l’heure des comptes, le bilan sera maigre. Contre le parti présidentiel, le rejet s’organise et n’a jamais été aussi fort. Comme pour les municipales, l’étiquette de “marcheur” est devenue un repoussoir.

Il reste donc la “stratégie du coucou”, pour rêver d’un ersatz de succès artificiel : donner son soutien à ceux qui peuvent gagner, quelle que soit l’appartenance, phagocyter les listes afin d’y greffer quelques personnalités LREM connues, qui seraient la caution de l’adhésion générale à la théorie du “en même temps”. L’auto-persuasion et l’autosatisfaction ne sont qu’une parade. En fin de compte, c’est le “sauve qui peut” général. Avec, comme un symbole, un garde des sceaux qui, au moment même où l’on va discuter d’une loi de réforme de la justice au parlement, abandonne sa mission pour se présenter contre Marine Le Pen dans les Hauts de France, avec pour ambition connexe, de faire de l’ombre au potentiel futur candidat Xavier Bertrand ! Comme disait Guy Debord : la politique du spectacle ! Nous sommes en plein dedans ! Ils nous prennent vraiment un peu trop pour des cons !

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