Descrozaille, le député aux “350 euros” planche sur… la gestion des risques agricoles ! [par Jean-Paul Pelras]

Frédéric Descrozaille ? Mais oui, cherchez bien, ce nom vous dit forcément quelque chose puisqu’il s’agit d’un député La République en Marche du Val-de-Marne, ingénieur agronome de formation, ancien directeur du syndicat des Jeunes Agriculteurs et ancien directeur général de l’interprofession des fruits et légumes frais (INTERFEL). Lequel, lors d’un face à face télévisé avec Éric Zemmour, avait déclaré qu’il connaissait “des agriculteurs vivant bien avec un revenu de 350 euros par mois”.

Consécutivement à la polémique suscitée par cette tirade, celui qui, compte tenu de ses anciennes activités dans la galaxie agricole, est censé connaître la question, présenta ses excuses dans un communiqué publié sur son site parlementaire. Extrait : “J’ai pensé, au cours de l’émission, à une personne que je connais, dont le métier est celui d’agriculteur. Cette personne, dans les statistiques du secteur, compte parmi celles qui gagnent 350 euros par mois. Or, c’est une personne qui « vit bien » (même si la formule est, au fond, malheureuse, parce-qu’elle est imprécise et subjective) : c’est une personne qui ne souffre pas de manquer de ce dont elle a besoin et qui est épanouie dans sa vie rurale et son métier. C’est en effet une personne qui a investi dans l’énergie renouvelable (ses bâtiments sont couverts de panneaux photovoltaïques), la méthanisation, a revu son système agricole de sorte qu’elle économise considérablement en intrants, est propriétaire de son lieu de résidence, en est à un stade de sa vie où les dépenses du foyer ne sont plus ce qu’elles ont été… Bref, c’est quelqu’un qui est parvenu à réduire énormément ses charges. Par rapport à un locataire en milieu urbain qui règle sa facture énergétique au prix fort, à un stade de sa vie où il doit régler de nombreuses dépenses de foyer (multimédia, transports…), ce sont plusieurs centaines d’euros par mois qui font la différence. Mais c’est par là que j’aurais dû commencer : dire un mot de la différence entre la richesse au sens du patrimoine ou de l’investissement, et de la richesse au sens de l’argent liquide ou de la trésorerie. Et seulement rappeler qu’on ne peut pas vraiment comparer le revenu d’un actif qui répartit la richesse qu’il crée (ou gagne) entre son patrimoine, son outil de production et son revenu, avec celui d’un actif qui ne répartit rien du tout, n’accumule pas de richesse et ne dispose que du revenu qu’il touche comme salaire. (…) Enfin et, surtout, si cette pensée m’est venue à l’esprit et si j’ai parlé de la sorte, c’est parce qu’Éric Zemmour était en train d’insister sur une image très négative de l’agriculture : son incapacité à dégager un revenu digne pour celles et ceux qui en vivent…” (La suite à lire sur le site descrozaille.fr).

Passionnant et étonnant ! Surtout quand on relève le terme “argent liquide” sur lequel ce député aurait peut-être pu développer le fond de sa pensée. Passionnant pour quelqu’un qui perçoit 5 711 euros net par mois, auxquels il faut rajouter la rémunération des collaborateurs et quelques avantages généreusement attribués par le contribuable. Des sommes qui ne poussent ni sous les panneaux photovoltaïques, ni dans les bas de laine planqués au fond de la grange… Pathétique justification. Et, in finé, pathétique repêchage confié par le ministre de l’Agriculture à un élu de la République dont le propos sur la gestion des risques agricoles se borne ici à résumer les propositions émises depuis des mois et des années par la profession. Avec, bien sûr, une indispensable touche sur la transition agro-écologique…

 

Mercredi 21 avril, Fréderic Descrozaille, Député du Val-de-Marne a remis au ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation un rapport sur la gestion des risques agricoles. Le rapport formule des recommandations sur les leviers qui pourraient être activés pour soutenir la transition agro-écologique de l’agriculture française dans le contexte de risques climatiques qui s’aggravent en fréquence et en intensité.

La suite à lire sur le site descrozaille.fr

 

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