Au théâtre ce soir [par Gilles Tibié]

“Je ne souhaite pas que ce référendum réussisse. La France et le monde sont dans une situation où il n’y a plus rien à faire et, en face des appétits, des aspirations, en face du fait que toutes ces sociétés se contestent elles-mêmes, rien ne peut être fait… Je n’ai plus rien à faire là-dedans, donc il faut que je m’en aille. Et, pour m’en aller, je n’ai pas d’autre formule que de faire que le peuple français juge de son destin”. (Extrait d’un aparté entre le président Macron et le nouveau ministre de la Culture, Cyril Hanouna, venu lui présenter le rappeur Youssoupha, nouveau Rouget de l’Isle).*
Comme pour toute végétation riche et luxuriante, la France a besoin de racines pour croître. Après les manifestations des gilets jaunes, celles des policiers et les dernières tribunes des militaires, les rhizomes de la Nation se dessèchent à vue d’œil. Pour faire bonne mesure, on crie au scandale, on s’offusque, on bombe le torse, on rédige des lois, on expertise, on joue au rebelle. On théâtralise ! 
Comment en sortir ? Comme dirait “Jacouille” Ppprrooouuuu…
En tout cas pas avec ce que semble nous concocter (une fois de plus) notre camelot d’idées aussi vague que son personnage, Jacques Attali qui, récemment encore, a glissé qu’il travaillait sur un programme présidentiel… J’avais entendu son intervention sur les ondes, fin d’année 2016. C’est un copié collé d’une pensée qui ne touche que ceux qui veulent y croire. De grandes idées fumeuses sur la planète quand chez lui – la France – il a été incapable d’une vision intelligente et intelligible. Si son commanditaire n’a que lui à se mettre sous la dent, nous n’avons pas fini de nous dessécher.

Cuisine électorale

En tout cas, pas avec les déclarations, sur les chaînes publiques, d’écolos gauchistes qui, en guise d’oraison funèbre pour le malheureux policier abattu par un dealer, proposaient la légalisation du cannabis, censée régler tout ou partie des problèmes de la délinquance…
En tout cas, pas sans volonté d’agir, de décider, d’ordonner de commander. Mais pour cela il faut du courage. En cette période pré-électorale, la fonction d’élu, national ou local, est exigeante, exposée, extrêmement difficile, c’est incontestable ! Mais elle n’a rien d’obligatoire. Celles et ceux qui l’acceptent et l’exercent se doivent de la comprendre et d’être à la hauteur. Hélas, vu ce qui se passe dans toutes les listes (je passe d’un camp à un autre, je cumule mes mandats, je t’aime aujourd’hui, je te déteste demain mais, après demain, on se fera allégeance mutuelle pour nos propres intérêts…), on se rapproche plus de la cuisine de terroir de Maïté que d’une vision sociétale globale.
Alors ? Ben… Un ou deux référendums pour au moins titiller la cheville du Général, cela relèverait le niveau et la confiance. Trop difficile ? Je crains, hélas que la théâtralisation de la vie publique soit sujette à de nombreux et longs rappels…

*Plus sérieusement, extrait d‘un entretien, à la fin des événements de mai 68, entre le général de Gaulle et Michel Debré… Autre temps, autres hommes… Autres valeurs.

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