Ailleurs dans les vignes du monde… Avril 2022 [par Yann Kerveno]

Embargo

En Australie, une partie du vignoble ne sera pas vendangée cette année. Il n’est pas question de gel comme sous nos latitudes mais bien de l’embrouille entre la Chine et le pays qui a conduit à l’application de taxes de 100 à 200 % sur l’entrée des vins australiens sur le sol chinois. Si vous n’aviez pas suivi l’affaire, cet “embargo” est entré en vigueur l’année dernière et prive l’Australie de son principal débouché, le marché chinois sur lequel elle était parvenue, en 2020, à détrôner la France en volumes et à générer 1,2 milliard de dollars de chiffre d’affaires. Ainsi, une tonne de Syrah qui valait 700 dollars il y a deux ans se voit aujourd’hui dans l’impossibilité de trouver preneur. Heureusement pour les vignerons, il reste les blancs, toujours autant appréciés à travers le monde.

Chouette, des rongeurs !

La chouette est-elle l’ultime outil de gestion des rongeurs dans les vignobles ? C’est ce que peut laisser penser une étude conduite dans la Napa Valley, en Californie. Les chercheurs ont en effet placé 300 nids pour les chouettes dans le vignoble et regardé de près ce qui pouvait bien se passer. Sachant qu’un couple de chouettes peut chasser 1 000 rongeurs pendant la période de nidification (quatre mois) et plus de 3 500 sur une année entière. Les premiers résultats sont partiellement prometteurs et l’affaire est donc à suivre avec intérêt, d’autant que les autorités locales ont réduit le nombre de raticides autorisés dans le vignoble.

Changement stratégique urgent

La banque hollandaise Rabobank est inquiète par ailleurs pour l’avenir du secteur du vin. Mais, pour une fois, il ne s’agit pas de question météo mais plutôt d’approvisionnement. En cause : les dysfonctionnements, survenus depuis deux ans maintenant, qui conduisent à une série de problèmes parfois insolubles. Il y a la question du fret bien sûr et du trafic de containers qui patine et coûte un “pognon de dingue”. Mais plus embêtant peut-être, il y a les pénuries de bouteilles, en particuliers celles, transparentes, destinées aux vins blancs et rosés. Et les experts de la banque de préconiser un changement d’habitudes et de manières de faire (revoir le packaging, diversifier les débouchés pour diluer le risque géopolitique…) parce que, affirment-ils, les changements observés ne sont pas transitoires.

Vous êtes plutôt verre light ou plastique ?

Cela dit, les entreprises n’ont pas forcément attendu les experts pour commencer à s’adapter. Ainsi, la maison de Champagne Telmont teste cette année une bouteille “light” qui ne pèse que 800 grammes au lieu de 835. Rien à voir cependant avec les questions évoquées ci-dessus, il s’agit là de réduire l’empreinte carbone de l’entreprise. Les bouteilles pesant pour 20 % des émissions de carbone de l’entreprise. Du côté de Moët-Hennessy, le virage est encore plus brutal puisque la maison de champagne sort de son pré carré en lançant un rosé de Provence (sourcé auprès du Château Galoupet) en bouteille plate et en plastique.

Un émoticone pour le vin blanc

En Nouvelle-Zélande, les vignerons du pays ont lancé une pétition pour que soit créé un emoji à la gloire du vin blanc à l’occasion des trois journées internationales du vin blanc (6 mai – sauvignon blanc, 17 mai pinot gris, 26 mai chardonnay). Quand on sait que 93 % des exportations néo-zélandaise sont composées de vins blancs, on comprend l’intérêt de la démarche ! La pétition accessible en ligne sur le site des vignerons néo-zélandais, sera remise au Consortium Unicode, qui gère les émoticônes dans le courant du mois prochain.

La Rioja convalescente

Nos voisins espagnols n’ont pas attendu que nous leur montrions la route de l’œnotourisme. Ainsi, les 178 bodegas visitables de Rioja ont accueilli près d’un demi-million de visiteurs en 2021 (soit deux fois plus qu’en 2020, année de Covid mais près de deux fois moins qu’en 2019). 80 % de ces visiteurs étaient originaires d’Espagne, le reste de l’étranger, les restrictions de déplacement liées au Covid jouant encore à plein… En 2019, les étrangers représentaient alors 36,8 % des visites. Le chiffre d’affaires direct généré par ces visites s’élève à 35 M € pour les bodegas et 67 M € pour les autres secteurs (hôtellerie, restauration…), soit 103 M € contre 173 avant la Covid.

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