À la gamelle ! [par Gilles Tibié]

Je me souviens, au début des années 2000, de cette expression lancée à la cantonade par feu Georges Frèche, nouvellement élu président de Région, qui s’adressait à certains de “ses hôtes” réunis à son initiative. Lesquels avaient préalablement travaillé avec son prédécesseur Jacques Blanc ou s’étaient présentés contre lui. C’est ainsi qu’avec sa “gouaille” et son aplomb légendaires, le “Président” imposait de facto ses choix… Et ses bons points, à ses contemporains.

Le nouveau réélu président de la République, certes dans un registre différent, a dû, au soir de sa réélection, se délecter de voir ses courtisans, anciens et nouveaux, lui prêter allégeance. Il y avait là, parmi le gratin, le réfugié barcelonais qui s’époumone à dire que, même avant la présidentielle de 2017, il assurait qu’il devait y avoir un dépassement du clivage gauche / droite. Il y avait pensé… Emmanuel l’a fait… Il y avait là l’éternel soixante huitard positionné en éternel donneur de leçon qu’il devrait s’appliquer à lui-même… Il y avait là “la Pompilli”, tout en déhanchement et danse du ventre, espérant s’attirer les grâces d’Emmanuel 1er… Il y avait là, tiens mais… Il s’est trompé de chemin ? Le maire de Béziers qui, devant les caméras, a invité un Jean-Michel Blanquer, presque sans voix, au dialogue et à la concorde pour la France, pour les Français. La gamelle est bien fournie et bien sûr il y en avait d’autres !

Abandons au fil de l’eau …

Il y en a même un qui, certainement atteint d’indigestion, a déliré en parlant de l’application du 49-3 pour faire passer la réforme des retraites. Après cette déclaration qui a indigné de la France insoumise aux LR en passant par le RN, pas sûr que Bruno Lemaire ait du “rab” au déjeuner. Quoique… Allez savoir…
Bon, on dit que la vérité sort des urnes ! Pourquoi s’écharper à propos de ce second tour qui n’était qu’un simulacre, qu’un faux-semblant, qu’une farce ? Le premier tour pouvait, à la rigueur, nous réserver des surprises, pas le second. Réédition de celui de 2017 (et de celui de 2002), il n’avait aucun enjeu. La réélection d’Emmanuel Macron était assurée. Comment en douter ? Certains espéraient un autre résultat, d’autres le craignaient, mais c’était pour du beurre…

Nous allons donc “Macroner” durant 5 ans. Dans quelques mois, on y verra plus clair. Il a du boulot Emmanuel. Dès aujourd’hui, Antony Blinken et Llyod Austin vont lui présenter leur catalogue pour le salut d’une Europe dont les fondations sont encore fraiches. L’homme est intelligent mais aura-t-il la possibilité d’avoir une politique qui ne soit pas qu’abandons au fil de l’eau, européiste-atlantiste ? Voudra-t-il une politique qui nous soit propre ? Le voulons-nous vraiment d’ailleurs ? Allez c’est l’heure ! À la soupe.

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