50 ans du cru : Collioure sera drapée de rouge [par Yann Kerveno]

C’est un anniversaire important que celui des 50 ans de l’appellation Collioure Rouge. Et il sera fêté en conséquence au début du mois de juillet au cours de trois journées de manifestation.

Remettre l’église au centre du village. Pour populaire qu’elle est, cette expression colle bien au projet que porte aujourd’hui l’appellation Collioure dans la perspective de son cinquantième anniversaire. “Ce que nous espérons, c’est que Collioure, le village, s’approprie ses vins, que ce ne soit plus seulement la cité des anchois et des peintres, mais aussi celle du vin et des vignerons”, explique Romuald Peronne, président du syndicat du cru Banyuls. Une volonté qui a croisé celle du maire de la ville Guy Llobet, lui aussi désireux que les vins trouvent place au cœur de sa cité. Créée en 1971 à l’initiative du docteur André Parcé (Mas Blanc), l’appellation Collioure était en fait un retour aux sources du terroir qui produisait bien des vins secs avant l’épopée des vins doux naturels à partir de 1936 et la création de l’appellation Banyuls. “C’est même la plus ancienne des appellations de vins secs du Roussillon” explique Romuald Peronne. Ne concernant que les rouges dans un premier temps, elle sera complétée par la suite par le Collioure rosé en 1991 et le Collioure blanc en 2003. Les Collioure représentent environ la moitié de la production viticole de la côte Vermeille, autour de 13 000 hectolitres, 7 000 en rouge, 3 000 en blanc et 3 000 en rosé.

Guest star

La fête, étalée sur trois jours, est donc programmée du 3 au 5 juillet et sera l’occasion de recevoir dans le vignoble une dizaine de journalistes spécialisés dans le vin. Le samedi, les festivités débuteront par un grand dîner de gala pour 200 personnes, animé par l’actrice Barbara Cabrita qui a quelques attaches dans le village. “Barbara va apporter une petite touche glamour au vin de Collioure et elle nous accompagnera quelques mois encore après les festivités, elle sera un peu notre ambassadrice” ajoute le président du syndicat. C’est aussi ce soir là que le Château Royal sera illuminé aux couleurs de l’appellation, en rouge donc. La journée du dimanche, ouverte au grand public, sera consacrée à une déambulation vigneronne dans la ville, autour de quatre pôles de dégustation de Collioure selon la couleur, rouge, rosé, blanc et un quatrième, baptisé “Prestiges” consacré aux vieux millésimes. Chaque pôle accueillera une dizaine de vignerons. Les visiteurs pourront, comme cela
se fait ailleurs, acheter un pass dégustation accompagné d’un verre et se laisser guider dans la ville de pôle en pôle. “Nous espérons pouvoir accueillir de 2 000 à 3 000 personnes sur cette journée.”

Un pendant de la fête des vendanges

Enfin, le lundi sera consacré aux professionnels, journalistes, sommeliers, cavistes, restaurateurs qui pourront prendre part à la dégustation des vins d’une quarantaine de vignerons. “Il faut saluer le gros travail réalisé par Laetitia Pietri-Clara, vigneronne indépendante et le président de la cave des Dominicains, Régis Bergé, qui œuvrent avec la mairie de Collioure pour que cette fête soit belle.”
Le budget total de cette opération est d’environ 70 000 euros, dont 20 000 apportés par le syndicat avec l’aide du CIVR et 50 000 par la municipalité de Collioure. “Si cette fête est réussie, alors nous pourrons envisager de la reconduire d’année en année, d’en faire en quelque sorte le pendant printanier de la fête des vendanges de Banyuls.”

Une étude en profondeur

Au delà des festivités, le syndicat du cru Banyuls a aussi engagé des démarches pour financer un audit de l’appellation, une étude en profondeur de l’économie de l’appellation. Le CER aura la charge de plonger dans les bilans des trois caves coopératives de l’appellation, de 25 vignerons indépendants et d’une vingtaine de coopérateurs. “Nous allons tout étudier, les coûts de revient, les systèmes de vente, les marges, bref tout ce qui fait, ou non, la rentabilité d’une entreprise” détaille Romuald Peronne. La Mutualité sociale agricole sera chargée de tout le volet social, tandis que la Chambre d’agriculture se penchera sur les questions environnementales et la Safer sur la question, cruciale, du foncier. À l’issue de ces travaux, ils doivent être finalisés d’ici à la fin de l’année, le cru sera accompagné dans un travail de réflexion par le consultant Étienne Laporte. “Une fois que nous aurons toutes ces données, nous pourrons alors, avec Étienne Laporte, trouver les outils et les actions pour faire avancer le cru.” Par ailleurs, à la suite de la visite il y a quelque jours du sous-préfet et du préfet en charge de la relance, c’est le préfet des Pyrénées-Orientales qui se déplacera dans quelques semaines dans les vignes de Banyuls.

 

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