Parce que rien n’est jamais simple 2022 – #17 [par Yann Kerveno]

Oliveraies

Xylella fastidiosa fait courir les pires craintes quant à la survie des oliviers méditerranéens. Et pour tenter de sauver ce qui peut encore l’être, en Italie du Sud où cette “bactérie tueuse” fait des ravages, les chercheurs ont développé un drone spécifique. Bardé de capteurs, il sera à même, en survolant les oliveraies, de détecter les signes les plus précoces de l’infestation. Ce qui permettra d’éliminer au plus vite les arbres contaminés et de freiner l’épidémie qui, après avoir tué des millions d’arbres en Italie, est arrivée en France et jusque dans l’Aude, à Trèbes. 300 000 arbres vont ainsi être scannés au cours des prochains mois.

Semences

Il va malheureusement falloir se faire à l’idée que la guerre en Ukraine est partie pour durer. De ce côté-ci de l’Europe, les inquiétudes portent maintenant sur le secteur des semences dans le pays. Si les semis se déroulent tant bien que mal dans les zones où les combats ne se déroulent pas, le pays pourrait toutefois manquer gravement de semences en 2023, faute d’avoir pu en produire suffisamment cette année. C’est le point de vue défendu par Claude Tabel, président de la Fédération des semenciers en France qui estime que “nous entrons dans un tunnel de deux années au moins.” Tunnel qui concernera aussi les engrais et la logistique. Pour l’heure, 60 % des semences de maïs avaient été livrées à la fin mars et 90 % de celles de tournesol.

Reprise des exploitations

Le vieillissement des populations d’agriculteurs et d’agricultrices n’est pas une vue de l’esprit, ni en France, ni ailleurs. Ce qui vient poser avec une acuité toute particulière la question de la reprise des exploitations quand le prix des terres et des installations flambe en raison des agrandissements survenus ces dernières années. En Australie, conscient du problème, le gouvernement fédéral vient de décider de garantir 40 % des investissements liés aux rachats d’exploitations agricoles, et jusqu’à concurrence d’un million de dollars australiens (ou 685 000 €). 75 M $ seront consacrés à cette aide au cours de 18 prochains mois, mais les candidats à la reprise devront disposer d’une solide expérience dans le monde agricole.

Import – export

Il faut parfois changer d’approche pour comprendre les enjeux du monde qui nous entoure. C’est ce qu’a fait l’association toulousaine Solagro en ramenant à l’hectare le poids de nos exportations et celui de nos importations. Et qu’apprend-on de cette étude ? Que la France “exporte” ainsi le produit de 2,7 millions d’hectares (10 % de la SAU) quand nous en importons pour 14 millions d’hectares, dont 9,1 millions d’hectares pour l’alimentation (le reste étant composé du bois et des produits agricoles non alimentaires). Pour être complet, sachez que nous exportons, en termes de surface, principalement des céréales (76 %) et des produits laitiers (14 %) et que nous importons majoritairement des oléoprotéagineux (40 %), des produits exotiques (18 %) et des fruits et légumes (12 %).

Glyphosate

Pour finir, puisque rien n’est jamais simple, au Mexique, où le gouvernement veut interdire le glyphosate en 2024, les mafias se sont empressées de développer un commerce parallèle qui pèse déjà 4 milliards de pesos (plus de 186 M €).

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