Vers une plateforme de compostage bio collective [par Yann Kerveno]

Le Civam bio des Pyrénées-Orientales planche sur le développement d’une plateforme de compostage dans la vallée de la Têt.

Après avoir développé des plateformes de compostage dans certaines exploitations du département, le Civam Bio travaille aujourd’hui sur l’installation d’une plateforme collective avec pour épicentre la vallée de la Têt. “C’est un projet collectif que nous menons avec le bureau d’études MICROTerra spécialisé dans la gestion de compost. Il doit répondre aux besoins de producteurs qui n’ont pas la place de mettre une plateforme de compostage chez eux ou qui n’ont pas de gros besoins de compost” explique Dany La Noé, directeur du Civam Bio des Pyrénées-Orientales. “L’idée étant que la plateforme soit gérée directement par les utilisateurs. Nous cherchons donc des communes qui seraient d’accord, ou un producteur qui accepterait d’accueillir une telle plateforme chez lui et de grouper les producteurs qui ont des besoins autour de ce projet.”

Substrat des champignons

La plateforme serait alimentée par des fumiers provenant d’élevages et par des déchets verts broyés et criblés en provenance du Syndicat départemental des ordures ménagères (Sydetom), voire avec une ressource nouvelle, les bios déchets de Saint-Charles ou les biodéchets alimentaires des collectivités locales en provenance des cantines, hôpitaux… Mais il y aura aussi du nouveau du côté des “ingrédients” puisque cette nouvelle plateforme doit aussi servir à mener des essais de caractérisation. “Nous allons en particulier utiliser le « champost » en provenance de la champignonnière d’Olette. Mais nous devons étudier ce produit et ce que l’on peut en faire, comprendre comment l’utiliser le plus efficacement possible” détaille Nicolas Dubreuil, technicien en charge du dossier compost au Civam.

Études de caractérisation

Le Civam bio développe ce type de plateformes de compostage à la ferme depuis 2015, il s’en était alors constitué trois, nombre qui n’a cessé de progresser depuis pour atteindre une quinzaine de plateformes l’an passé avec le développement de productions plus limitées. “Il est inapproprié de parler de plateforme, d’ailleurs” souligne encore Nicolas Dubreuil “puisque la taille des composts, 400 à 800 tonnes de matières entrantes, que nous mettons en place n’implique pas qu’ils reposent sur une dalle de béton.” Les andains sont ainsi disposés directement sur le sol d’une parcelle agricole. Des études ont été menées pour mieux caractériser les différentes voies envisagées : composts de déchets verts, déchets verts plus fumier, déchets verts plus biodéchets. Ces derniers montrant un avantage certain par l’eau qu’ils amènent naturellement. Pour l’heure, le compost n’étant pas criblé à l’issue des six ou neuf mois de processus, les principaux utilisateurs sont les arboriculteurs et les vignerons. Les expérimentations précédentes chez les agriculteurs ont, selon Dany La Noé, porté leurs fruits.

Construire la filière

“Les producteurs y reviennent et pérennisent le système chez eux, en particulier parce que c’est intéressant agronomiquement et économiquement”. Nicolas Dubreuil est tout aussi confiant pour le développement de la future plateforme collective, “nous trouverons forcément des candidats du côté de Prades ou Eus.” “Ce qui est important pour nous aujourd’hui, c’est de continuer de construire et consolider cette filière de compostage à la ferme” ajoute Dany La Noé “pour disposer d’une offre de matière organique locale dont il serait dommage de se priver.” Pour autant, si la ressource est intéressante, elle n’est pourtant pas inépuisable, “si tous les agriculteurs du département veulent du compost, ce sera compliqué à mettre en œuvre” reconnaît-il. Mais pour l’instant, il y a de la marge.

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