Une campagne compliquée pour la salade et l’artichaut [par yann Kerveno]

Météo capricieuse dans tous les sens du terme, marchés erratiques, salades et artichauts vivent une campagne 2022 complexe.

“Ah ça, pour être une saison particulière, c’est une saison particulière” reconnaît Éric Vidal, producteur de salades à Perpignan. “Nous avons un peu tout eu, des coups d’eau, du froid, qui ont provoqué des retards de production tout au long de la saison et, en face de cela, un marché différent des autres années pour compliquer le tout”, explique-t-il. “Nous n’avons pas connu le pic de consommation de la fin d’année comme nous avions jusqu’ici tous les ans, donc la campagne a été difficile en termes de commercialisation, donc de prix. La seule embellie, qui nous a un peu surpris, est venue au moment de Pâques.” Si la période n’est pas classique, les causes de ce rebond soudain, qui a redonné des couleurs aux prix et à la demande, sont bien connues. Ce sont en particulier les accidents climatiques survenus en Espagne début avril qui ont “sorti” les producteurs espagnols du jeu pendant plusieurs jours. “Cela a eu pour conséquence, la Provence étant en fin de campagne, de raffermir la demande sur le marché du frais mais aussi chez les industriels” ajoute Éric Vidal qui discerne une tendance importante, le repli de la laitue au profit de la batavia.

La GD n’a pas fait son travail

En artichaut, la situation n’est guère plus réjouissante. “La météo a conduit les producteurs à prendre pas mal de retard en début de campagne, il y a donc eu, depuis une quinzaine de jours, pas mal d’embouteillages pour sortir les produits et des prix catastrophiques. Certains producteurs ont même déjà renoncé à finir la cueillette” explique Gaël Lichou, en charge du dossier artichaut à la Chambre d’agriculture des Pyrénées-Orientales. “Et c’est une conjonction de problèmes, la distribution n’a pas fait ce qu’elle fait d’habitude pour pousser les artichauts, les promotions, et en face, le pouvoir d’achat des consommateurs est fortement rogné depuis le début de l’année.” L’ennui, c’est que si la campagne est pliée aux deux tiers, c’est habituellement sur le dernier tiers que se fait la marge pour les producteurs. Mais c’est bien mal engagé cette année. Et pour les deux filières, les comptes seront amputés de toutes les hausses de prix enregistrées ces derniers mois, énergie, intrants, travail…

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