Un nouveau contrat développé par la SAFER Occitanie [par Yann Kerveno]

Pour “prendre sa part” dans l’épineux dossier de la souveraineté alimentaire française, la SAFER Occitanie a décidé de mettre sur pied une nouvelle convention de mise à disposition “Ukraine”.

“L’idée, c’est d’aller chercher et remettre en culture des terres qui ne sont pas exploitées en ce moment, ce sont au bas mot 100 000 hectares dans la région Occitanie”, explique Frédéric André, directeur de la SAFER Occitanie. Pour y parvenir, la SAFER propose d’utiliser la convention de mise à disposition, moins contraignante pour le propriétaire (bail annuel renouvelable douze ans) et développer un cadre spécifique. “Nous proposons aux collectivités d’exempter de loyer les agriculteurs qui remettraient ces terres en valeur pendant une période, au moins le temps que les terres retrouvent leur potentiel. De notre côté, les frais que nous prélevons seront reversés à une association qui travaille en Ukraine et nous apportons une aide à la remise en état des parcelles concernées jusqu’à concurrence de 100 euros par hectare”, afin de financer les arrachages d’arbustes qui colonisent vite les espaces laissés sans travail. La cible ? Des parcelles ou des groupes de parcelles assez grands pour pouvoir être rentables afin d’accueillir des grandes cultures, en particulier des tournesols, dont il manque déjà.

Propriétaires privés et publics

La SAFER a d’abord pris contact avec les collectivités locales ainsi que l’Établissement foncier d’Occitane, qui peuvent, par les réserves foncières qu’elles constituent pour assurer leur développement, disposer de terres qui correspondent en bordure d’agglomération ou de villes. Pour repérer les terres possiblement candidates, les équipes des SAFER utilisent aussi leur outil Vigiefriche et les données des images satellites qui permettent de détecter les terres laissées à l’abandon. Si les collectivités locales sont simples à interpeller, la question est plus délicate pour les propriétaires privés. “C’est parce que vous vous faites le relais de cette opération que cela donnera peut-être des idées aux propriétaires” espère Frédéric André qui cite ce cas, dans le Gard, d’un propriétaire disposant d’une quinzaine d’hectares et qui, contacté, s’est montré intéressé. Reste LA question. Combien d’hectares pourraient ainsi être remis en culture selon lui ? “C’est très difficile à évaluer. J’ai envie de vous dire que si nous parvenons à 5 000 hectares, ce serait extraordinaire” avance-t-il. “Mais l’urgent, là, c’est de trouver de terres pour semer du tournesol.”

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