Parce que rien n’est jamais simple 2022 – #19 [par Yann Kerveno]

Pillage

En Ukraine, les preuves s’accumulent sur les agissements des forces russes, et notamment le pillage des ressources agricoles. Selon le vice Premier ministre ukrainien en charge des questions agricoles Taras Vysotskyi, ce sont déjà des dizaines de milliers de tonnes de céréales qui ont été pillées et exportées. Ce sont des silos de la zone en guerre, dans le Sud et l’Est de l’Ukraine, qui ont été vidés de leur contenu.
Mais les Russes ne s’en tiennent pas là. Ils volent aussi du matériel agricole. Un concessionnaire John Deere, AgroTek, s’est ainsi vu confisquer 27 engins (de la moissonneuse au tracteur), il y en avait pour 5 M $, saisis et exportés en Tchétchénie, à 1 000 kilomètres de là. Toutefois, le constructeur a pu les mettre hors d’usage à distance.

L’effrayant retour de l’histoire

Cette stratégie de vol organisé et de confiscation de ressources fait resurgir un épisode apocalyptique des années 1930 quand la Russie, alors l’URSS sous les ordres de Staline, a affamé la population ukrainienne et provoqué ce qui est aujourd’hui connu sous le nom d’Holodomor. Si les experts se battent encore pour déterminer avec exactitude le nombre de morts, il est admis qu’il est compris entre 4 et 5 millions en moins de deux ans, d’une famine extrême qui conduisait les gens à se dévorer entre eux et à mourir au milieu des rues. Parce que l’URSS confisquait la majeure partie des productions agricoles de l’Ukraine.

Remises en cause

De l’autre côté de l’Atlantique, Paul Kruger (prix Nobel d’économie) s’étonne, dans un papier donné au New-York Times, du tournant de l’histoire que nous vivons. L’économiste se demande si l’assertion selon laquelle “le marché amène la paix dans le monde” ne serait pas un peu légère. “En tout cas, c’est la paix qui profite au développement des marchés” fait-il remarquer avant d’ajouter que les temps troublés que nous vivons remettent en cause des choses que l’on croyait acquises, comme les échanges massifs de produits alimentaires qui se révèlent aujourd’hui plus fragiles que ce que nous pouvions envisager.

Trop de glypho tue le glyphosate

Le problème, c’est quand il y en a trop, c’est bien connu et cela vaut largement pour les pesticides. Ainsi en est le cas du glyphosate qui va de pair, dans les pays qui s’en servent, avec les sojas ou maïs résistants à son action. L’Argentine a annoncé la découverte d’une résistance au glyphosate dans une adventice, Digitaria sanguinalis. Une plante connue qui résiste aujourd’hui, dans le Nord du pays, à hauteur de 85 % dans les parcelles traitées au glyphosate à la dose recommandée (un peu moins d’un kilo par hectare). Dose qu’il faut doubler pour parvenir à tuer 50 % des plantes survivantes. En Argentine, ce sont aujourd’hui 28 plantes qui sont considérées comme résistantes au glyphosate.

Tête d’œuf

On ne saura pas s’il fait l’œuf, mais Fabien Sauleman fut à l’origine de la courte aventure Poulehouse, vous savez, cette start-up qui ne tuait pas les poules mise en liquidation il y a quelques semaines. Le jeune entrepreneur a déjà trouvé à rebondir et vient d’entrer dans une autre start-up qui se fait fort de produire des aliments à base d’œuf sans œuf, en particulier pour les personnes allergiques ou vegans. Il est devenu intolérant à l’albumine ?

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