Retraites : victoire à la Pyrrhus ? [par Yann Kerveno]

Si la loi qui instaure un minimum de 1 035 euros pour les retraites agricoles est entrée en vigueur, ses effets sont pour le moins limités comme en témoigne le premier mois de versement…

C’était une bataille de longue haleine, enlevée de haute lutte, portée notamment par le député communiste du Massif Central André Chassaigne, la revalorisation des retraites agricoles est devenue réalité en ce début d’année. Mais une réalité au goût un peu amer. Pourquoi ? Parce que la mariée n’est finalement pas un si bon parti que cela et que seule une petite fraction des retraites agricoles a vu leur traitement en effet amélioré… “Les critères posés sont finalement assez restrictifs” regrette Claude Jorda en charge du dossier “retraite” à la FDSEA des Pyrénées-Orientales. Pour voir sa retraite atteindre le minimum prévu, 1 035 euros bruts, il faut en effet pouvoir faire preuve d’une carrière complète (avoir tous les trimestres), avoir été chef d’exploitation pendant au moins 17 ans et demi et avoir soldé tous ses droits à la retraite, ceux qui relèvent d’un autre emploi par exemple. Et surtout, ne pas avoir une retraite qui dépasse déjà ce minimum de 1 035 euros bruts…

Assez peu d’élus

Auquel cas, la majoration ne s’applique pas non plus. Sans parler du statut d’aide familial qui, s’il accorde des points, n’ouvre pas de droits pris en compte dans le calcul. Dans l’Aude, la FDSEA est allée à la rencontre du député Alain Péréa pour vérifier que la mise en œuvre du dispositif est bien conforme à la loi votée. “Nous avons aussi demandé à la Mutualité sociale agricole de bien vouloir expédier un courrier à chaque retraité pour lui expliquer sa situation au regard de la nouvelle loi” ajoute Matteo Manzato, animateur du syndicat dans l’Aude. Dans ce département, sur environ 11 000 retraités, seuls 1 900 ont eu droit à la revalorisation. Dans les Pyrénées-Orientales, moins de 13 % des retraités ont ainsi été revalorisés… “C’est vrai que nous sommes très déçus, ceux qui en profitent sont trop peu nombreux et c’est difficile parce que chaque cas est particulier” ajoute Claude Jorda. “Personnellement, j’arrive à 1 035 euros bruts, mais une fois que vous avez enlevé tous les prélèvements, il reste à peine 900 €”. Ce qui, aujourd’hui, ne pèse pas bien lourd dans le panier.

Pour le département de l’Aude, les retraités peuvent se faire connaître, si la revalorisation de leur retraite est absente ou pas conforme, en se rapprochant du secrétariat de la FDSEA de l’Aude au 06 19 08 23 79 par téléphone ou alors par mail : contact@fdsea11.fr

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