Parce que rien n’est jamais simple #8 [par Yann Kerveno]

Réforme de l’agriculture britannique

Les Anglais ont tiré les premiers. Une fois sortis de l’Union européenne, ils sont partis à la reconquête de leur autonomie et défont méthodiquement une partie de ce que l’Europe avait fait. L’agriculture n’échappe pas à la règle et pendant que l’Union se cherche une nouvelle politique agricole, le gouvernement de Boris Johnson entend bien faire table rase du passé. Au sens propre du terme. Il travaille actuellement à l’élaboration d’une espèce de plan social pour faire partir à la retraite une génération entière d’agriculteurs, dans un pays où 40 % des agriculteurs ont plus de soixante-cinq ans et la moyenne d’âge dans le métier est de 59 ans. Pour le gouvernement anglais, ce sont les subventions européennes, basées sur les terres, qui retiennent les agriculteurs de faire valoir leur droits à la retraite et empêchent, selon lui, une nouvelle génération, plus soucieuse d’environnement de s’installer et faire évoluer les pratiques. On appelle ça une rente.

Changement de paradigme

Bref, pour décider les plus récalcitrants, les primes au départ pourraient représenter de 50 000 à 100 000 livres sterling (58 000 à 120 000 euros, le plafond). Selon une enquête réalisée par le syndicat des métayers, les 3/4 des sondés se sont montrés intéressés. Ce serait ainsi la première pierre de la réforme de l’agriculture britannique dont les soutiens seraient basés principalement sur des services environnementaux, de la protection du bâti traditionnel à la capture du carbone en passant par l’entretien des rivières, la restauration des paysages, la réduction de l’usage des antibiotiques et le bien-être animal. Le marché fera probablement le reste mais souvenons nous que la dernière fois que les Anglais ont fait bouger leur système agricole, cela s’est terminé par la crise de la vache folle !

Bronca agricole contre Pedro Sanchez

Autres lieux, autres temps, en Argentine le gouvernement a imposé un embargo sur les exportations de viande bovine. Mesure brutale s’il en est qui poursuit deux objectifs : limiter les exportations pour mieux irriguer le marché local et donc faire baisser les prix pour les consommateurs argentins. Prix qui ont progressé de 64,7 % entre avril 2020 et avril 2021. Changeons encore de continent et parlons café. Au Kenya, quatrième producteur du monde, le gouvernement planche sur la création d’un fonds de stabilisation pour protéger ses producteurs du comportement erratique du marché mondial, plombé par la surproduction chronique au Brésil et au Vietnam. Non loin de là (à l’échelle du continent en tout cas) le Nigéria, autre producteur important de café se trouve bien embarrassé par une pénurie de… sacs en toile de jute… Sacs dont la production, majoritairement située au Bangladesh et en Inde, se trouve ralentie par la crise du Coronavirus. Faute de pouvoir conditionner sa production, le pays pourrait perdre 600 à 700 millions de dollars cette année. Enfin, sachez aussi que c’est la bronca en Espagne, suite à la publication par le Premier ministre du plan España 2050. Plan qui, selon les syndicats agricoles, ne fait rien de moins que rendre l’élevage criminel à cette échéance… Olé !

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