Parce-que rien n’est jamais simple #4 [par Yann Kerveno]

Flambée sur la banane

On le dit souvent, l’argent est bien le nerf de la guerre, en particulier à l’heure où l’on va faire ses courses. Analysant les premières tendances de consommation de l’année 2020, Pascale Hébel (Credoc), note un renversement important. Si nos compatriotes ont privilégié la qualité et la proximité pour garnir leur panier en 2020, le prix est redevenu depuis le début de l’année un argument majeur à l’heure du choix des produits.
Voilà qui ne va pas faciliter la tâche des amateurs de bananes dont les prix flambent un peu partout dans le monde, jusqu’à doubler en Russie par rapport à l’an dernier. En cause, la pression sur la production Équatorienne qui peine à satisfaire ses marchés et les rumeurs d’une possible éradication de la production en Amérique du Sud à cause de la fusariose TR4, signalée depuis deux ans sur le continent Sud-américain.
Puisqu’on parle de calamité, sachez qu’il a encore gelé début mai, en Champagne notamment, dans la vallée de la Loire et dans le Médoc, histoire de finir de récolter les bourgeons qui avaient survécu à la terrible semaine d’avril.

Tempêtes de poussière

Aux États-Unis et plus précisément dans le Dakota du Sud, l’agriculture bio est accusée de faire plus de mal que de bien. Au centre de cette polémique, il y a l’important groupe agroalimentaire américain General Mills et une “ferme” sous contrat de 13 700 hectares passée en agriculture biologique. Or, pour les voisins de cette ferme, qui produit du blé et des pois, l’agriculture bio et le travail des sols qu’elle implique sont une aberration dans ce secteur aux sols très fins et fragiles. Ceux-là mêmes qui furent la cause du Dust Bowl, les tempêtes de poussière des années trente, nées d’un surlabourage et décor du fameux roman de Steinbeck “Les raisins de la colère”. Rien n’est vraiment simple en ce bas monde.

Production oléicole

Puisqu’on parle désertification, c’est une question bigrement politique chez nos voisins espagnols qui viennent de présenter un plan à 10 milliards d’euros et 136 mesures pour enrayer la désertion des espaces ruraux. En particulier ceux du Nord et de l’Ouest du pays qui perdent entre 1 et 4 % d’habitants par an.
L’Espagne est aussi le premier pays producteur d’huile d’olive au monde et la production a beaucoup souffert des taxes américaines ces derniers mois, comme le vin. Mais l’avenir de la production oléicole européenne pourrait se jouer en… Asie. Continent jusqu’ici peu sensible aux charmes de la diète méditerranéenne, il semble aujourd’hui, Japon en tête, s’intéresser de plus près à l’huile d’olive. Avec une estimation de progression annuelle de 4,2 % par an jusqu’en 2025, et jusqu’à 18 % en Chine. L’Algérie entend bien profiter de sa part du gâteau et annonce sa volonté de planter 400 000 hectares d’oliviers d’ici à 2024.

Viandes de synthèse

En Europe, la Commission européenne souhaite ouvrir une discussion sur l’adoption des nouvelles techniques d’édition génétique dans le cadre de la révision de sa politique sur les OGM. De leur côté les sénateurs français ont barré, par un amendement pris à mi-avril, la route des cantines à la viande de synthèse pendant que les start-up du secteur des viandes alternatives s’arrachent les neurones à essayer de créer du… persillé, autrement dit, le gras intramusculaire. Et du gras, il y en avait forcément sur ce sanglier argentin débusqué par une moissonneuse dans un champ de maïs. La bestiole pesait… 270 kilos.

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