Parce que rien n’est jamais simple 2022 – #30 [par Yann Kerveno]

Que faire ?

Les dramatiques incendies de forêt de Gironde ont avivé une belle querelle qui s’est éternisée à grands coups de mauvaise foi. Les uns accusant les autres d’être responsables des incendies et vice-versa. Deux sujets au cœur de la polémique : le rejet de la mise en œuvre d’un plan de gestion de la forêt à La Teste de Buch (une forêt au statut juridique très particulier) et la sylviculture industrielle. Ce qui est intéressant dans cette histoire, c’est que le rejet du plan de gestion de la forêt a été prononcé en partie pour préserver la biodiversité, la forêt telle qu’elle est, non, était. C’est là tout le paradoxe de notre temps, mais un peu comme cela s’était passé l’an dernier dans le massif des Maures. Alors, faut-il intervenir plus avant dans le milieu naturel pour assurer sa protection, en l’espèce, construire des aménagements qui permettent de lutter efficacement contre les incendies ? Ou, au contraire, laisser la nature faire et prendre le risque que le feu vienne tout détruire à intervalles réguliers sachant, en plus, qu’elle est moins adaptée au climat qui est et sera le nôtre dans nos contrées ? Beau sujet de dissertation estivale non ?

Pizzas et pâtes en danger ?

Après l’huile et la moutarde, la tomate ? Si l’Italie est le premier producteur européen de tomate d’industrie (70 000 hectares, 15 % de la production mondiale, pour faire des purées et des sauces), elle va payer un lourd tribut à la sécheresse qui fait rage depuis l’automne dernier dans le pays. Le syndicat Coldiretti estime que le manque d’eau aura coûté, cette année, 11 % de la récolte. Sans compter, fait également remarquer le syndicat, qu’en raison des hausses de prix du verre, le contenant coûte aujourd’hui plus cher que le contenu. Ainsi, pour 70 cl de sauce tomate vendue en moyenne 1,30 €, 53 % partent à la marge de distribution commerciale et aux promotions, 18 % à la production industrielle, 10 % au prix de la bouteille, 8 % à la purée de tomate, 6 % au transport, 3 % au bouchon et à l’étiquette et 2 % à la publicité.

C’est celui qui le dit qui y est

Puisqu’on en est aux sujets qui fâchent, le grand défenseur du pouvoir d’achat des consommateurs en sera pour ses frais. On se souvient, il y a quelques semaines, comment Michel-Édouard Leclerc accusait les industriels d’augmentations de prix infondées. Les sénateurs ont voulu y voir clair à l’aide d’une mission Flash. Et les profiteurs ne seraient pas forcément ceux qu’il a dénoncés mais bien sa propre famille : la distribution. De fait, les sénateurs estiment que si les hausses de prix sont réelles en rayon, elles ne se retrouvent pas dans les prix d’achat des produits par “certains distributeurs.” Distributeurs qui, en plus, retarderaient les négociations pour continuer à s’approvisionner à bas prix. Parmi les produits qui ont le plus augmenté se trouvent les viandes surgelées, les pâtes alimentaires et les viandes hachées (de 15 à 20 %).

Bravo

En Ukraine, les autorités sont parvenues à augmenter le volume de céréales exportées à 2,5 millions de tonnes au mois de juin dernier. Une augmentation très sensible du trafic fluvial sur le Danube est responsable de cette augmentation. Le pays était parvenu à exporter 1,7 million de tonnes en mai. Contre 6 millions de tonnes par mois avant le début de la guerre.

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