Parce que rien n’est jamais simple 2022 – #03 5 (Par Yann Kerveno)

Un milliard pour l’élevage

L’annonce ne manque pas de sel, mais le gouvernement américain va investir environ 1 milliard de dollars dans l’industrie de la viande du pays pour développer les capacités de production. Les fonds seront tirés du “plan de relance” local voté en mars 2021. Cette injection de cash a deux objectifs avoués, combattre la consolidation industrielle à l’œuvre dans le secteur et “faire ruisseler” des dollars jusqu’aux éleveurs qui ont vu, en cinq ans, la part qui leur revient passer de 51,5 à 37,3 % tandis que les prix au détail n’ont cessé de progresser. En cause, l’hyper concentration de la filière, quatre opérateurs représentent aujourd’hui 80 % du marché dans le pays. Parmi ces quatre, deux sont en outre brésiliens, Marfrig et JBS, ce qui pousse le gouvernement américain à soutenir les industriels aujourd’hui encore indépendants, au nom de la souveraineté alimentaire.

Les ambitions nigérianes

Tiens, puisque nous parlons de la vraie agriculture industrielle (non, Jean-Luc, il n’existe pas de ferme de 8 000 vaches en France…) elle est parfois une des clés de la sécurité alimentaire dans les pays qui en sont encore éloignés. Ainsi, au Nigéria, c’est une ferme géante, 10 000 hectares, qui doit voir le jour pour un investissement d’environ 44 millions de dollars et 2 000 emplois à pourvoir. Enjeu ? Produire 120 000 tonnes de riz et de céréales par an… L’apport ne sera toutefois qu’une goutte d’eau dans l’océan des besoins du pays. Premier producteur africain de riz blanchi (5 millions de tonnes par an), le Nigéria est toutefois contraint d’en importer 2 millions de tonnes chaque année.

Après le Brésil, le Congo ?

Au Congo, les ambitions ne sont pas moindres avec la création récente d’un nouveau groupe agroalimentaire GoCongo… Au sein duquel, l’homme d’affaires belgo-congolais Georges Forrest a intégré son activité d’élevage Grelka (30 000 bovins, 450 000 hectares) tandis que l’entrepreneur d’origine iranienne Aziz Khabirpour y apporte les activités agricoles qu’il possède dans le pays, la production de farine, la biscuiterie (30 000 tonnes/an) et la transformation de viande… Les deux entrepreneurs estiment que le pays dispose du même potentiel que le… Brésil. À suivre…

Rendez-vous, vous êtes cernés

Et chez nous ? La nouveauté c’est le lancement d’un site internet pour “informer les riverains des pulvérisations de produits phytosanitaires” (aka pesticides par raccourci et pour faire plus peur). L’annonce en a été faite par la ministre de la Transition écologique elle-même à la radio et elle vient quelques jours après une autre annonce, l’extension du dispositif “phytosignal” (il a été expérimenté en Nouvelle-Aquitaine), sur les terres bretonnes et en Pays de Loire.
Vous imaginez la levée de bois vert dans les confins et comme beaucoup d’agriculteurs l’ont fait remarquer sur les réseaux sociaux, il va falloir admettre un jour que d’une part les produits utilisés par les agriculteurs disposent tous d’une autorisation de mise en marché et qu’eux-mêmes sont formés à leurs conditions d’utilisation… Bref, qu’ils sont des professionnels de la chose. Contrairement à un riverain à qui l’on offre la possibilité de dénoncer son voisin dès que le pulvé entre dans la parcelle sans qu’il sache de quoi retourne le traitement…
Au fait, on vous a souhaité bonne année ?

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