Parce que rien n’est jamais simple 2022 – #34 [par Yann Kerveno]

Incendies

Plus de 60 000 hectares en France, entre 200 000 et 250 000 hectares en Espagne, le feu a parcouru beaucoup de terrain cet été en dépit des efforts des pompiers. En Espagne, les dégâts sont tels qu’ils mettent en danger une partie des exploitations agricoles de ces zones de pastoralisme comme le racontent nos confrères de l’agence Efeagro. Les éleveurs se retrouvent sans ressources pour nourrir les troupeaux et obligés de se déplacer. Mais pour combien de temps ? Font-ils remarquer. Parce que le retour à la normale des zones brûlées n’est pas pour demain, ni même le printemps prochain. Les syndicats agricoles demandent donc des aides supplémentaires temporaires pour passer le cap mais aussi un vrai plan de gestion et d’appui au pastoralisme qui fasse baisser la charge de combustible dans les zones à risques avant le début de chaque été.

Sécheresse inquiétante en Chine

Si les marchés des céréales se sont un peu détendus avec l’arrivée de la nouvelle récolte et l’ouverture du corridor en Mer Noire pour l’export des céréales ukrainiennes, les blés et maïs sont revenus un peu au-dessus de 300 euros la tonne sur le marché à terme européen, le futur reste chargé comme le ciel un soir d’orage. C’est notamment la Chine qui inquiète. Confrontée, elle aussi, à un été caniculaire, elle voit les chances de réaliser une moisson correcte s’évanouirent à mesure que le thermomètre monte. Les inquiétudes portent sur le maïs à récolter mais aussi sur les colzas à semer…

720 000 tonnes par la mer

Le corridor de la Mer Noire a permis d’exporter 720 000 tonnes de céréales par voie maritime entre son entrée en vigueur fin juillet et le 23 août. De quoi faire progresser les exportations totales ukrainiennes jusqu’à quatre millions de tonnes en août contre trois millions en juillet. Les Égyptiens ont, eux, procédé à l’achat de 240 000 tonnes de blé… russe, tout récemment.

Recul de l’offre bio en grandes surfaces alimentaires

C’est une évolution discrète mais bien réelle qu’a soulignée le panéliste IRI. L’offre, l’assortiment de produits bios a reculé de 10 % au mois de juillet dernier quand le chiffre d’affaires a reculé de 3,5 %. Nos confrères de LSA y voient la preuve de la rapidité d’adaptation des distributeurs généralistes confrontés à un recul constant de la consommation de produits bios depuis plus d’un an et demi. Pour autant, toujours selon IRI, l’offre bio représente aujourd’hui 8,1 % de l’offre totale et le chiffre d’affaires du bio 4,3 % du CA total, en repli chaque mois depuis mars dernier.

Ben mon lapin !

S’il y a bien une catastrophe que personne n’avait vu venir, c’est bien celle des lapins en Australie et c’est un citoyen anglais, fermier de son état, qui en est le responsable. Des chercheurs ont en effet remonté le fil génétique de l’histoire pour conclure que c’est l’importation de 24 individus, en 1859, qui était à l’origine de la catastrophe, même si ce n’était pas la première sur l’île continent. Parce que c’est ce noyau-là qui est devenu dominant et n’a jamais pu être éradiqué. 200 millions de lapins occupent aujourd’hui l’île et causent 200 millions de dollars de dégâts aux cultures. On a les sangliers qu’on peut !

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