La vengeance des Gaulois réfractaires ! (Par Jean-Paul Pelras)

Pour commencer, il y a cette phrase qui n’est peut-être pas très révérencieuse mais qui illustre parfaitement la situation actuelle : « Quand on pisse face au vent, on se mouille les godasses ». Ils étaient certainement nombreux dimanche soir à méditer sur cette citation ou sur ses multiples déclinaisons. Nombreux, d’Emmanuel Macron qui vient peut-être de comprendre comment le « quoi qu’il en coûte » de l’impertinence, du mépris et de la suffisance allait lui être facturé lors de son second quinquennat. Nombreux les éditorialistes prescripteurs d’opinions, inféodés au pouvoir distributeur de subventions, qui vont devoir se mettre à cirer d’autres pompes, à formuler différemment leurs petites convictions. Nombreux, comme dans l’Aude et les P-O, les députés (et un ancien Premier ministre) à devoir reconsidérer leur politique, à se dire que l’hégémonie et l’incurie ne sont peut-être plus compatibles avec la République. Nombreux les artistes de variété contraints désormais de changer de gamelle et de braquet pour fourguer leurs idées à cette société qui vient de reconquérir démocratiquement quelques portions non négligeables de souveraineté. Nombreux enfin, les tenants d’un dogme présidentiel subitement devenu non essentiel car fragilisé par un nécessaire contre-pouvoir.

Et c’est ce qu’il nous faut désormais regarder, avec confiance et sans appréhension,  à l’aune d’une ère nouvelle où, toutes tendances confondues, les partis politiques sont de retour après 5 ans d’ostracisme sur les bancs de l’Assemblée. Alors bien sûr, un peu sonnés, certains médias préféraient, lundi matin, évoquer l’abstention pour minimiser l’échec d’une majorité qui n’en est plus une car elle devra désormais passer par les fourches caudines de « l’opposition », même si Macron compte sur sa dispersion, pour faire valider ses lois.

Notre pays vient de se réconcilier avec la politique

Le 19 juin 2022 les Gaulois réfractaires se sont vengés. Ils ont fait payer, sans violence ni excès, à un président élu avec ¼ des voix les approximations, les mensonges, la dégringolade du pouvoir d’achat, les privations de liberté, les atermoiements internationaux et la gestion empirique d’une économie sous placebo car, ad vitam aeternam, tributaire de la planche à billets.  Un pis-aller diront certains qui, contexte oblige, trouveront au locataire de l’Elysée et à ses ministres encore en activité des circonstances atténuantes. Peut-être. Mais ce que les Français n’ont pas supporté c’est l’infantilisation et la désinformation qui, des propos de Bruno Le Maire en passant par ceux de Castex, de Veran, de Pompili, de Dupont Moretti, ou autres Salomon, Darmanin, Ferrand et Delfraissy leur ont été imposés.

Mélenchon et le Pen ne sont peut-être pas très fréquentables, mais ils ont renversé la table. Le premier en fin stratège, la seconde en usant de patience. Grace à eux, peut-être parce que tout les oppose et même si certains confrères pensent que la France est désormais ingouvernable, notre pays vient de se réconcilier avec la politique, avec ces joutes qui font l’esprit français, qui redonnent du panache aux débats et, aux institutions, une certaine dignité. Alors tant mieux si la contestation force à nouveau le résultat. Tant mieux si nous ne devons plus nous ennuyer !

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