Parce que rien n’est jamais simple #17 [par Yann Kerveno]

Sangliers

Voilà qui va encore faire jaser dans les chaumières à énergie positive. Une étude menée de conserve par les chercheurs de l’Université de Queensland et de Canterbury s’est attachée à calculer les émissions de gaz à effet de serre des sangliers. Et vous êtes prié de ne pas sourire, il n’est pas question de méthane comme pour les ruminants. En effet, en utilisant des modélisations informatiques, ils sont parvenus à la conclusion que les efforts conjoints de tous les sangliers de la terre pour trouver de la nourriture, en retournant le sol, conduisent chaque année à la libération de 4,9 millions de tonnes de dioxyde de carbone. Soit l’équivalent des émissions de 1,1 million de voitures… Voilà qui ne va pas arranger la réputation des sangliers qui cet été, sécheresse oblige, se montrent très très actifs dans les vignes avec une pression visiblement supérieure aux années passées.

Œufs

La déprime de l’œuf se confirme. Les Français en ont-ils marre d’aller se faire cuire un œuf ? C’est ce que semble confirmer les derniers chiffres de consommation avec une baisse importante des ventes entre juin 2020 et juin 2021, – 11,1 %. Sur une année, le recul est très sensible mais compréhensible pour les œufs classiques (poules élevées en cages ou au sol) à – 16,1 %, mais il est aussi important pour les œufs de poules élevées en plein air, – 5,9 % et de 9,3 % pour le bio, secteur pour lequel la production a très fortement progressé.

Glyphosate

Au Canada, le glyphosate est revenu sur le devant de la scène médiatique à l’occasion d’une proposition d’évolution de la réglementation. Et l’on a appris, enfin, nos confrères de Radio Canada, que c’est Bayer qui avait suggéré cette modification, à la hausse, des seuils de résidus de glyphosate dans les haricots, les pois chiches, les pois et les lentilles, des productions importantes dans le pays. De quoi raviver les discussions en particulier autour de l’usage du glyphosate sur blé pour le “sécher” avant la récolte et obtenir une moisson homogène.

Loups

Pendant qu’on se demande si l’ours s’est installé dans le massif du Canigou, une autre étude sur les loups, réalisée dans le Minnesota aux États-Unis montre comment les meutes, qui disposent d’un territoire de 150 à 180 kilomètres carrés, prennent bien soin de ne pas empiéter, en temps normal, sur les territoires des meutes voisines. Six meutes ont été équipées de trackers GPS et leurs mouvements laissent apparaître très clairement les limites de leurs territoires et le respect de ces frontières. Sauf, évidemment, si la nourriture vient à manquer dans leur territoire.

Abeilles

Du loup à l’abeille il n’y a qu’un pas. Et Jon Entine, journaliste américain, revient dans un long article (en anglais), sur l’apocalypse des abeilles et des insectes. Enfin, sur le récit (apocalypse narrative en anglais) qui en est fait. En reprenant une à une les études qui se sont succédées, au prix de grandes polémiques, il montre que, finalement, deux ou trois journaux importants (l’hebdo Times et le New York Times en particulier), ont accrédité cette thèse et lui ont donné une envergure que les faits scientifiques ne confirment pas forcément…

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