Parce que rien n’est jamais simple #13 [par Yann Kerveno]

Cela ne vous aura pas échappé, les appellations d’origine sont un peu comme les promesses et n’engagent que ceux qui y croient. Vladimir Poutine ne s’embarrasse pas de ces règles et vient d’interdire au champagne de s’appeler Champagne en Russie. Appellation qui sera désormais réservée aux pétillants produits en Crimée (récemment annexée). Un nouveau front à ouvrir devant l’Organisation mondiale du commerce, c’est en tout cas, au cas où la diplomatie ferait chou blanc, la volonté de la production champenoise. Chez nos voisins espagnols, l’heure est encore à la restructuration et une nouvelle union vient d’être célébrée dans le secteur de l’huile d’olive. La coopérative de Cambrils (province de Tarragone) a annoncé s’être alliée avec le groupe Migasa (Miguel Gallego S.A, premier groupe privé andalou qui exploite les marques Ybarra, La Masia et Rafael Salgado). Fruit de cette union, une joint-venture à 50/50, Aceite Mestral promise à devenir un acteur important à l’export. Si les vertus de l’huile d’olive ne sont plus à démontrer, elle souffre pourtant d’être un produit gras qui tombe sous la coupe du nutriscore autour duquel les critiques ne cessent de pleuvoir. Et pour cause, s’il est simple, le système est aussi bien imparfait qu’il va sanctionner des fromages et décorer des produits au contraire ultratransformés.

“Rémunérascore”

Mais ce n’est pas tout, après le nutriscore qui classe les aliments en fonction de leur impact potentiellement néfaste sur la santé, l’écoscore, annoncé pour la fin de l’année qui doit mettre en valeur le bilan carbone des produits alimentaires, voici venir le “rémunérascore”, promu par les parlementaires de la majorité pour indiquer au consommateur, par une note, la part du prix du produit revenant directement à l’agriculteur. On rêve de devoir bientôt sortir faire ses courses avec sa calculette, non plus pour voir si “ça passe dans le budget”, mais bien pour calculer notre degré de vertu !
Prenons le large et un peu l’air aussi. Aux États-Unis, la coopérative laitière Darigold a annoncé investir 500 M$ dans la construction d’une nouvelle usine de production de protéine et de beurre qui doit lui permettre de couper ses émissions de gaz à effet de serre et parvenir à la neutralité carbone en 2050. Cette nouvelle usine, dont la mise en service est prévue pour 2024 au plus tard, doit économiser l’émission de 300 000 tonnes de dioxyde de carbone par an…

L’église au milieu du village

Autres lieux, autres mœurs, en Nouvelle-Zélande, les dirigeants de Frontera, la principale coopérative laitière de Nouvelle-Zélande se sont fait taper sur les doigts. Et ont été priés, par l’assemblée générale et les 10 000 adhérents de Frontera, de remettre l’église au milieu du village. C’est-à-dire de céder les deux filiales ouvertes en Chine qui pesaient sur les bénéfices et de se concentrer sur la production locale. Sachez enfin qu’il existe maintenant un robot pour récolter les turions d’asperge. Capable d’avancer à près de 4 kilomètres par heure, il est autonome et permet de réduire, selon le constructeur, le coût de main-d’œuvre de 83 %.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.