Marché noir et autres (petites) tracasseries [par Jean-Paul Pelras]

Tout commence par une pénurie connue, dissimulée et, finalement reconnue de masques, fin 2019. À partir de là et au train où vont les choses, probablement jusqu’à la fin du quinquennat en cours, nous devrions manquer de tout ! La liste s’annonce longue et bien sûr, non exhaustive.
Allons-y dans le désordre : huile, moutarde, gas-oil, adblue, électricité, gaz, médecins, personnel soignant, fer, aluminium, enseignants, œufs, poulets, céréales, engrais, main d’œuvre qualifiée ou non, tous secteurs confondus, patates, miel, lait, pâtes, bois, granulés, véhicules neufs et d’occasion, électroménager… À cela rajoutons un manque de déontologie journalistique concernant la presse abondamment subventionnée et, bien sûr, beaucoup moins d’argent dans notre porte-monnaie. Enfin, disons dans l’escarcelle de celles et ceux qui, pris en otage par cette spéculation effrénée, sont condamnés à payer sans broncher, à se les geler en sacrifiant quelques degrés, à obtempérer depuis 3 ans sans moufter, à finir en règle mais ruinés.

Ce qui, bien sûr, ne sera pas le cas des actionnaires du CAC 40, grands bénéficiaires de ce vaste marché noir, entre fluides pétroliers, industrie numérique, fabrications de vaccins et autres produits boursicotés où tout ce qui va (peut-être) manquer se met à flamber spontanément, à doubler, à tripler, avec un gouvernement qui écoute religieusement madame Von der Leyen et se contente de faire tourner les planches à billets. Une partie de ces liquidités servant d’ailleurs les intérêts des multimilliardaires et l’autre revenant, avec l’impôt, dans les caisses de l’État.

Mettez un pull, tricoté main de préférence

Si Peyrefitte ne m’avait pas devancé, j’oserais presque titrer : “Quand est-ce que la France se réveillera ?”. Vaste question en cette fin septembre où une manifestation pour le pouvoir d’achat et l’augmentation des salaires est annoncée. Nous verrons alors où sont passés les syndicats, toutes tendances et obédiences confondues. Et ce, alors que le jeune Attal vient de (re)passer devant pour nous préparer au 49-3 des retraites. Et ce, alors que, le temps des élections étant révolu, plus aucun message d’espoir n’est adressé aux Français. La seule rhétorique étant celle de la peur, de la privation, de la sanction, de la résilience, de la résignation et de la “salutaire” sobriété. Mettez un pull, tricoté main de préférence, et tout ira bien. Éteignez quelques lampes et la France sera sauvée. Commandez vos petites voitures électriques et démerdez-vous pour fabriquer de quoi les faire avancer, maintenant que nous avons obéi aux écologistes pour fermer les centrales nucléaires et qu’il va falloir se résoudre à relancer le charbon pour pouvoir se chauffer.

J’exagère ? Ah bon ! Et alors que dire de ce producteur d’endives qui voit sa facture d’électricité grimper en un an de 80 000 à 800 000 euros ? Que dire de cette copropriété où le syndic décide de ne pas rallumer le chauffage car l’addition pour un appartement de 3 pièces dépasse 7 000 euros par an ? Que dire de tous ces commerçants ou artisans contraints de diminuer ou de cesser leurs activités car ils n’arrivent plus à remplir les cuves ou à payer des factures d’électricité, parfois multipliées par 10 en moins d’une année ?
L’hiver qui s’annonce sera, à ce titre, sur le front de l’économie et de l’emploi, celui de tous les dangers. À moins qu’en ouverture des actualités, les petits ennuis du footballeur Pogba ou ceux du rappeur Booba ne parviennent à nous les faire oublier !

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