Loup : l’Office français de la biodiversité a-t-il enfin appris à compter ?

921, c’est le chiffre de la nouvelle estimation du nombre de loups sortie hiver 2021-2022 annoncée ce 27 juin en groupe national loup par le préfet Auvergne Rhône Alpes.

Soit une augmentation de 47 % de la population lupine avant l’improbable rectification des effectifs de l’année précédente, qui passent de 624 à 783 loups, reconnaissant ainsi une sous-évaluation de 25 % pour l’année 2021. Cette révision permet de passer d’une augmentation démesurée de 47 % à celle maintenant officielle de 17 % bien plus “acceptable”.
Ce qui nous mène tout naturellement à constater que la croissance de l’année 2020 à 2021, est de 35 % au lieu des 7 % annoncés, un écart révélateur qui donne raison à toutes les personnes de terrain qui ont toujours dénoncé les sous estimations de l’OFB.

Cette cuisine indigeste des chiffres, qui nous est servie depuis 1992, n’est que le fruit de la comédie écologique et l’acrobatie arithmétique que joue l’OFB depuis 25 ans pour dissimuler une croissance exponentielle des loups, véritable réussite d’un plan loup qui met à terre l’élevage de plein air !
L’OFB se justifie de ces chiffres en prétendant avoir formé plus de correspondants, donc prélevé plus d’indices. Se pose alors la question de savoir si le nombre de loups augmenterait encore avec plus de correspondants ? Et quid des nombreux indices non retenus par les “experts” de l’OFB ? Puis d’ajouter pour la première fois un réajustement après prise en compte des analyses génétiques. Faut-il comprendre que les années précédentes lesdites analyses, dont le budget annuel s’élevait à 375 000 euros (430 000 euros pour l’année 2021), ne servaient pas comme indices pour le comptage ?
Que pouvons-nous alors penser de ce nouveau nombre de 921 loups ? Est-il lui aussi sous-évalué de 25 % comme l’estimation de 2021, ou est-il là pour calmer toutes les tentatives de comptage parallèle prévues par des instances reconnues qui auraient mis une fois de plus en évidence les mensonges de l’OFB ?

“Oui l’Office français de la biodiversité ment !” était le titre de notre communiqué du 24 novembre 2021 à propos de l’estimation des loups largement sous-évaluée, à laquelle l’OFB et ses défenseurs répondaient que ce chiffrage était un des meilleurs au monde, issu d’une modélisation mathématique très scientifique portée par de nombreux ingénieurs compétents ! Comment, devant une telle mascarade, le gouvernement peut-il encore faire confiance à cet organisme sous tutelle du ministère de la Transition écologique et solidaire pour continuer la gestion du plan loup dont la masse salariale dédiée aux loups dépasse les 3,6 millions par an ? 
Avec une telle prolifération, il ne s’agit plus de réclamer un quota, mais bien la levée de la surprotection de ces “grands canidés”, il ne s’agit plus de donner avec parcimonie des autorisations de tirs, mais bien de généraliser de fait les autorisations de défense pour les éleveurs et surtout de mettre des moyens dans la Louveterie et la Brigade loup qui sont la meilleure défense pour les troupeaux en ayant une obligation de résultat pour chaque loup qui s’attaque aux troupeaux.

Le temps est venu de tourner la page d’une période de gestion honteuse de la prédation sur les troupeaux domestiques. Le temps est venu de défendre l’environnement par le maintien des pâturages, véritable réservoir de biodiversité et pourvoyeur d’une alimentation de qualité en arrêtant rapidement cette expansion animale, qui se propage aujourd’hui dans tous les territoires de l’hexagone, mettant en danger l’agriculture et la ruralité dans sa globalité, pour une vision citadine biaisée et fantasmée de l’écologie.

La viabilité de la population de loups avait été fixée à 500 individus, décrite dans les objectifs du plan loup 2018-2023. Cet objectif atteint dès 2019, quel est celui du gouvernement aujourd’hui ? Rappelons que 921 individus est l’estimation de la population qui correspond aux effectifs à la sortie d’hiver et que l’OFB reconnaît que la population double après les naissances, soit plus de 1 800 loups fin août 2022 ! M. le ministre de l’Agriculture, dans une telle situation il est urgent que la France demande elle aussi le déclassement des loups dans la directive Habitats et dans la convention de Berne, n’en déplaise aux bureaucrates du ministère de la Transition écologique et solidaire.

L’Aebv, Association des éleveurs et bergers du Vercors
Le Cercle 12, Association des éleveurs de l’Aveyron
Association Préservons nos troupeaux des loups en Limousin
L’Os Mouton Charollais
L’Aseb 71 Association de la sauvegarde de l’élevage et de la biodiversité
Collectif L113

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