Lettre à Valérie Pécresse et à Yannick Jadot qui cherchent des sous (et à Jean Lassalle qui veut les “aider”…) [par Jean-Paul Pelras]

Vous avez déclaré, Madame Pécresse, au lendemain du second tour : “La situation financière de ma campagne est désormais critique, nous n’avons pas atteint les 5 % qui nous permettaient d’obtenir les 7 millions de remboursements de l’État […] Je suis endettée personnellement à hauteur de 5 millions d’euros”.
En consultant votre déclaration de patrimoine, nous constatons qu’il correspond au double de cette somme et pouvons en déduire que, le cas échéant, vous serez en mesure d’affronter ce léger contretemps. Dans le cas contraire et puisque vous avez appelé à voter pour lui spontanément, pourquoi ne pas solliciter le soutien du président sortant ou, à défaut, celui de son mouvement ?
Idem pour vous, Monsieur Jadot qui avez également décidé de soutenir Emmanuel Macron et qui rencontrez quelques difficultés pécuniaires. Vous réclamez ainsi 3 euros à chacun de vos électeurs pour solder ce passif imputable à votre échec.

Pour vous consoler, ayez une pensée pour Jean Lassalle qui ne fait pas la mendicité et a eu, tout comme Nathalie Arthaud, l’honnêteté d’appeler à voter blanc. Lassalle, dont le seul luxe fut d’inviter trois curés pour un même enterrement, vient donc de passer, à la fois devant le parti socialiste et devant le parti communiste, seul comme un grand. Avec, excusez du peu, des scores qui dépassent allègrement les 10 % en Lozère, en Corse ou dans les Pyrénées, qui lui permettent d’accéder à la quatrième place dans le Gers et, entres autres départements ruraux, dans l’Aveyron où je suis en train de rédiger ce modeste courrier. Lassalle, grand seigneur, qui vient de sortir son carnet de chèque pour vous aider, ainsi que Madame Hidalgo, à surmonter la douloureuse épreuve que vous traversez. Et le Béarnais peu rancunier, si l’on considère le mépris médiatique et politique dont il fut l’objet, de déclarer : “On a toujours besoin d’un plus petit que soi…”

Mais revenons à vos suppliques respectives pour être entendus, soutenus, sponsorisés, comme vous auriez pu l’être par le contribuable français si vos scores n’avaient pas été aussi dégradés. Pensez-vous réellement, Madame, Monsieur, que, considérant la pirouette de certains candidats, les électeurs aient encore envie de s’apitoyer ? Le spectacle affligeant qu’est en train de nous offrir la classe politique ne mérite ni la compassion, ni le mécénat, ni les aumônes sollicitées.
Jamais notre pays ne s’était fourvoyé ainsi dans les eaux basses du calcul politicien qui, après avoir privé les Français de débat, calibre une nouvelle fois le résultat du second tour en manipulant les consciences, en courtisant les candidats.

L’impasse électorale que vous avez contribué à bâtir pourrait, hélas, se transformer en impasse sociétale. Quels arguments, si vous n’êtes pas invités à intégrer son gouvernement, seront alors les vôtres quand, pendant 5 ans vous allez devoir, après l’avoir adoubé, contester les choix du futur ancien président ? Quelle crédibilité sera celle de ces candidats déchus passés à l’ennemi, soi-disant au nom de nos libertés, quand nous en serons, quoi qu’il en coûte, quoi on en dise et probablement avant l’automne, à nouveau privés ?
Et ce à l’heure où, fatigués, les Français ont besoin de se réconcilier avec le pouvoir pour retrouver un peu de confiance, de dignité et un semblant d’espoir. Cette dignité inversement proportionnelle à celle que les politiciens sont en train de perdre pour sauver leurs carrières, leurs cagnottes, et leurs confortables indemnités.

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