Gel : du jamais vu en France ?

L’épisode de gel 2021 concerne l’ensemble du territoire et c’est très rare.

Alors il y a bien le gel de 1956 dans les annales, mais il était survenu plus tôt, c’était un gel d’hiver. L’ampleur de l’épisode que nous avons connu, et qui n’est visiblement pas terminé pour certaines régions, est semble-t-il inédite. Agrométéorologue, Serge Zaka a fouillé dans les archives sans rien trouver d’équivalent. Ce qui est exceptionnel dans l’épisode que nous venons de vivre c’est bien sa double intensité, la vigueur du froid et son ampleur géographique.

Les gels d’avril ne sont pas rares, on ne parle pas des saints de glace pour rien, il est arrivé cette année au pire moment en France, à l’heure ou la végétation, engaillardie par une quinzaine de beau temps chaud, avait mis les bouchées doubles… Au bilan, aucune production n’a été épargnée. Même dans le nord de la France les colzas ont souffert ainsi que les betteraves tout juste levées dont 30 000 hectares pourraient être à semer à nouveau. À l’exception de l’Alsace, tous les vignobles ont été touchés, en particulier la vallée de la Loire, la Bourgogne, le Bordelais, les vignobles du Sud-Ouest et du Languedoc… Et ce n’est peut-être malheureusement pas fini.

 

1991 est effacée des tablettes

En arboriculture c’est aussi un désastre. « Franchement, on n’a pas vraiment compris ce qui s’est passé » explique Nicolas Giraud, arboriculteur à côté de Sisteron. Équipé de système d’aspersion pour ses vergers, et rompu à l’exercice, il ne parvenait pas à réaliser jeudi matin. « Nous avons eu une gelée noire puis une gelée blanche, notre année de référence, enfin, celle de mes parents, c’était 1991, est effacée ces tablettes. » Le vent et la glace formés par l’aspersion pour protéger les bourgeons ont couché des rangs d’arbres sur le sol.

Il a continué d’arroser toute la journée de mercredi pour faire fondre la glace sur les fleurs et les bourgeons. Et au terme de ces trois jours éprouvants et des températures descendues jusqu’à – 5 ou – 6 par endroits, il est bien incapable de dresser un bilan des pertes. Mais se pose par contre une foule de question nouvelle face à l’ampleur de la casse : « finalement, je me demande si j’ai bien fait d’arroser, au final, j’aurais peut-être eu moins de dégâts en laissant faire… » (photos de Nicolas Giraud)

Retrouvez le bilan provisoire pour l’Aude et les Pyrénées-Orientales ici.

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