Et si… en 2023 ! [par Jean-Paul Pelras]

Et si, en 2023, nous nous prenions à espérer. Et si Vladimir et Volodymyr décidaient de s’installer autour d’une table qui ne mesurerait pas 10 mètres de long pour y déguster ensemble bortsch, caviar et autre bœuf strogonoff ou vatrouchka délicieusement sucrée.
Et si, dans ce qui pourrait être un tourbillon de feuilles entre deux saisons, le covid décidait de s’éloigner vers d’autres horizons, laissant au monde le temps de reprendre son souffle et à la science, sereinement, le temps de procéder.
Et si nous retrouvions un peu cette souveraineté économique et industrielle qui commence à manquer, là où nous ne sommes même plus capables de fabriquer un pantalon, une voiture, un jouet, un téléphone, un cachet…

Et si les politiques se mettaient à ne plus confondre l’importance de la fonction avec l’indécence de l’affliction. Et si Élisabeth apprenait à gouverner autrement qu’en appliquant son pitoyable 49-3. Un peu comme si, finalement, elle ne connaissait que cette petite musique, n’avait appris que cette regrettable partition. Et si nos députés s’unissaient pour lui rappeler qu’un pays ne se dirige pas en utilisant le mépris, mais en tenant compte, loin des alliances politiciennes, des suffrages qu’exprime la démocratie.
Et si notre président, plutôt que de cajoler des footballeurs milliardaires, s’intéressait une bonne fois pour toutes au sort des artisans, des paysans, des ouvriers, des infirmières… Au sort de ceux qui passent toujours à côté des soutiens et des indemnités car ils se situent dans cette fatidique moyenne où ils n’ont jamais le droit d’être aidés.
Et si le premier d’entre nous arrêtait de nous infantiliser après nous avoir imposé le sauf conduit, le kilomètre à ne pas dépasser, le café qu’il fallait boire assis, le vaccin qui ne sait même plus à quelle épaule se vouer, la rue à traverser, le Gaulois réfractaire, les gens qui ne sont rien, le pognon de dingue, le placebo du “quoi qu’il en coûte”, le saupoudrage des cent euros, la retraite à 65 balais et, entre autres prescriptions inadaptées, celle de vouloir “emmerder les non vaccinés”. Et si, justement, ceux qui nous gouvernent arrêtaient de nous emmerder, pour préférer, aux contraintes inutiles, des mesures réellement appropriées au contexte économique et social que nous sommes en train de traverser.

Et si, à ce propos, nous laissions un peu de côté le dogme écologique avec des environnementalistes qui ne représentent que 2 % des élus, mais qui conditionnent à peu près tout ce qui se vote, de Matignon aux assemblées.
Et si la prêtresse du wokisme et de l’écoféminisme, le promoteur de l’antispécisme, les intercesseurs de l’anarchie et de l’activisme réunis s’en allaient ailleurs fourguer leurs idéaux d’enfants gâtés, ailleurs que sur ces plateaux TV où ils sont un peu trop systématiquement invités, ailleurs, au pays des artistes de variété qui confondent le rêve et la réalité entre deux bassines de coke, le fric des spots télévisés et le consumérisme du succès.
Et si (certains) médias un peu trop subventionnés décidaient enfin d’exercer convenablement leur métier, non pas en hiérarchisant les sujets, non pas en minimisant, en orientant ou en accentuant les faits, non pas en obéissant à la main qui nourrit, mais en se souvenant de ce qu’est cette déontologie censée privilégier l’information à la dissimulation, la vérité à la rentabilité.

Et si, en ce début d’année, l’on nous expliquait vraiment pourquoi l’électricité doit tant augmenter, pourquoi le prix du carburant doit à nouveau flamber, pourquoi nous allons “manquer” de tous ces biens de consommation qui font grimper les prix, s’effondrer le pouvoir d’achat et trembler ceux qui devront “sans broncher” se contenter de ce qu’ils ont. Pendant que d’autres, chez les banquiers, chez les financiers, chez les boursicoteurs, chez les spéculateurs, regardent le monde tourner en alimentant au passage l’escarcelle de ces fortunes qui n’ont jamais été autant rassasiées.

Et si, en 2023, quelque part entre ce que nous ne voulons plus et ce que nous n’accepterons pas, nous pouvions enfin, pourquoi pas, nous mettre à espérer !

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