France TV : Quand le service public nous sert sa propagande bobo-écolo ! (Par Jean-Paul Pelras)

« Pathétique » : le terme n’est pas trop fort pour qui a eu le courage de visionner jusqu’au bout l’émission diffusée le 8 novembre sur France 2 intitulée « Aux arbres citoyens ! ». Au casting, ce soir-là, ne manquait que Hulot et Cohn Bendit pour que le générique du ban et de l’arrière ban écolo-dogmatique soit à-peu-près complet.

Pour présenter cette comédie, Léa Salamé, évoluant du pathos vers l’émotion tout en alternant quelques éclats de rire passés sur commande. Avec un auditoire champion de l’applaudimètre et, pendant plus de 2 heures, un défilé de poncifs et autres clichés savamment choisis pour convoquer la larmette et susciter l’indignation.

En guest-star, le « parrain » Yannick Noah, investi par cette mission que lui confiait la planète, et pour lequel la présentatrice du service public n’oubliera pas d’évoquer la sortie de son tout nouvel album. En écologie, c’est bien connu, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Y compris lorsqu’il s’agit d’assurer la promotion des artistes de variété, bien entendu toujours désintéressés.

Passons ensuite à Marion Cotillard qui eut droit à sa standing ovation sans que soit indiqué si l’actrice, « la plus bankable du cinéma» comme le précisait Lea Salamé, s’était transportée depuis Los Angeles en pédalo ou en avion. Une prestation très moyenne d’ailleurs, avec quelques cafouillages que d’aucuns mettront peut-être sur le compte du décalage horaire. Tant et si bien qu’au moment de quitter l’émission, nous nous sommes demandé ce que l’égérie de Chanel était venue y faire.

Voilà pour la prestation de la « marraine » de ce que Hugo Clément, autre présentateur évidemment intègre, surnommera le « Télétronc ». Avec, toutes les 5 minutes, un jingle qui nous renseignait sur la générosité des bienfaiteurs de la forêt, invités à verser leurs oboles auprès de l’ONG France nature environnement, le choix de ce partenariat entre un mouvement activiste présent à Sainte Soline sur la manifestation des « bassines » et une chaine du service public pouvant interpeller sur la partialité de ce « prime ». Avec, pour enfoncer le clou, la présentatrice météo Chloé Nabedian et bien sûr, comment s’en passer, celle qui sait forcement ce qui est bien pour nous, Elise Lucet.

Des donneurs de leçons qui n’ont pas su reconnaître le hêtre du marronnier.

Sont ensuite intervenus Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du groupe n°1 du GIEC, Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique, qui dû se justifier auprès de Camille Étienne, activiste pour le climat. Sans oublier Nagui, célèbre animateur végan, Gilles Bœuf, professeur à la Sorbonne et une belle bordée d’environnementalistes qui, d’Agny Kpata, membre de la Convention Citoyenne pour le Climat à l’altermondialiste, ancien député européen, José Bové en ont remis une couche sur les pratiques agricoles, industrielles ou cynégétiques. Ce qui bien sûr n’était pas pour déplaire aux militants Cyril Dion et Hugo Clément. Lesquels avaient bien du mal à retenir leurs offensives respectives à l’adresse des chasseurs, des industriels et de l’agriculture conventionnelle.  En seconde partie d’émission nous avons, de toutes façons, eu droit à la question de la déforestation causée par les élevages intensifs, mais aussi à l’utilisation des pesticides et autres monocultures dévastatrices. Que voulez-vous on ne se refait pas !

Qualifiés pour nous imposer leurs dogmes, ces stars de l’écologie le furent beaucoup moins lorsqu’il fallut, au détour d’un simple quiz, nommer 3 arbres pourtant communément présents dans nos forêts françaises. Un grand moment de malaise et de solitude avec des donneurs de leçons qui n’ont pas su reconnaître le hêtre du marronnier. D’ailleurs qui, sur le plateau, pour relever les copies puisqu’il n’y avait ni un boscatier, ni un bûcheron, ni un sylviculteur, ni un agriculteur, ni un forestier, ni un menuisier ? Et c’est certainement ce qu’il faut retenir de cette messe cathodique où, « exceptionnellement », des spots publicitaires appelant bien sur à la sobriété était régulièrement « autorisés ».

Oui, c’est ce qu’il faut retenir car, encore une fois, comme ils le font avec le monde agricole, ces prescripteurs d’opinion, pour certains copieusement politisés, n’ont pas eu le courage d’inviter ceux qui pratiquent le métier. Sans panache et redoutant probablement la contradiction, ils se sont contentés d’idéaliser depuis Lutèce en évoquant le langage des arbres et en oubliant de préciser qu’en seulement un siècle la forêt française avait plus que doublé.

Car ce qu’il fallait, une fois de plus, c’était faire culpabiliser, effrayer, montrer des images anxiogènes avec une pause bucolique où chacun cessa de parler pour écouter, émerveillé, comme s’il avait survécu à une guerre atomique, un oiseau chanter… !

Un spectacle affligeant, contre-productif pour l’environnement, avec une tribune offerte par  ceux qui en ont assez d’être pris pour des enfants à une poignée de privilégiés plus que jamais (in)suffisants.

Jean-Paul Pelras

2 thoughts on “France TV : Quand le service public nous sert sa propagande bobo-écolo ! (Par Jean-Paul Pelras)

  • 10 novembre 2022 à 9 h 51 min
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    J’ai regardé l’émission un moment maïs quand j’ai vu les personnes qui voulaient nous faire la leçon cela m’a dégoûtée. Ils ont plus que largement usé la planète maïs osent se refaire une virginité sur le dos de France Environnement.

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  • 11 novembre 2022 à 14 h 47 min
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    Pourquoi donc des téléspectateurs sont devant le tube cathodique ?? regarder ce genre d’émission n’apporte rien à la vie de ces derniers ! de la propagande organisée !
    Mais quel est l’impact de la coop 27 sur l’environnement ? combien de milliers de tonnes de CO2 et autres ? Quel en est le coût exact ? Quelles en sont les décisions intelligentes décidées dans ces réunions ? peut-être la fin des énergies fossiles remplacées par l’électricité que nous n’avons plus !!!
    Courage

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