Encore un métier auquel le Covid19 redonne ses titres de noblesse

“Le premier qui me parle de cahiers de vacances cet été, je lui fiche ma main dans la gueule !” dixit un papa sur les réseaux sociaux. Tiens donc ! On s’aperçoit qu’instituteur(trice) ou professeur(e) c’est un métier… On se rend compte de la force mentale incluant patience et savoir-faire que nécessite “l’éducation” et voilà qu’on a envie d’applaudir aussi, tous les soirs à 20 h, ce corps enseignant qui, comme les soignants, avait fait ses preuves avant le coronavirus… Il y a fort à parier que sans revenir au temps où si on avait pris une gifle à l’école on s’en prenait une deuxième à la maison, les parents verront les punitions d’un œil différent… À la lumière de la fameuse “continuité pédagogique” instaurée par nos gouvernants, les parents peuvent prendre la mesure de la souffrance des enseignants qui, comme les professionnels de la santé et les agriculteurs il y a seulement quelques semaines, criaient leur désarroi face au démantèlement de leur institution. Maître ou maîtresse d’école c’est un métier, en effet, que, soit dit en passant, ils continuent d’exercer tant bien que mal, confinés, avec leurs ordinateurs, leur papier, leurs cartouches d’encre… Un métier dont la qualité première, indispensable et irremplaçable, est la pédagogie. Tout bon pédagogue part du principe que la faute lui incombe si l’élève n’a pas compris, ce qui implique qu’il doive adapter son enseignement à chacun, le personnaliser, trouver d’autres mots, des images, des métaphores, pour atteindre son but. 

Rentabilité oblige
Ce travail devenu, petit à petit, irréalisable au fur et à mesure qu’augmente le nombre d’élèves dans chaque classe, pousse d’année en année davantage d’enseignants au suicide, désespérés de n’avoir plus les moyens d’accomplir leur sacerdoce. Autre “réjouissance” d’un futur proche : à la faveur (si j’ose dire) du Covid-19, on peut entrevoir ce que sera “l’éducation” de demain, déjà dans les tiroirs depuis un moment et dont nos dirigeants se trituraient les méninges pour trouver à quelle sauce ils allaient nous le servir et surtout comment ils allaient nous le faire avaler, j’ai nommé le “e-learning”. Formidable “e-learning” qui se définit lui- même comme “nouvelle technologie afin d’améliorer la qualité de l’éducation (rien de moins !), à travers l’accès,
à distance, à des ressources, services, collaborations et échanges via internet”. La panacée quoi ! Rentabilité oblige, gageons que le professeur n’aura plus 30 mais 60 élèves, tous connectés, chacun chez soi. Absence de contact humain, disparition d’éducation en tant que telle, occultée, remplacée par un “contenu” impersonnel qui forcément ne sera pas adapté à tous. On imagine avec effroi un grand nombre inévitable de “décrochages”, l’angoisse et la déroute des enseignants… Résultats escomptés, deux fois moins d’enseignants et quantité grandissante d’incultes. CQFD. “Étant ignorant, le peuple est aveugle. Mais pourquoi le peuple est- il ignorant ? Parce qu’il faut qu’il le soit.” Victor Hugo. Autre débat… 

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