Catlinge : des blanchisseries aseptiques, technologiques, économiques… [par Thierry Masdéu]

Confrontée aux tarifs de l’énergie, cette industrie locale qui emploie des personnes en situation de handicap a su s’adapter en investissant dans du matériel et dans des pratiques qui lui permettent d’allier rentabilité et développement.

En forte volatilité sur les marchés de gros, les prix du secteur de l’énergie affichent, depuis la reprise économique mondiale, des hausses successives. Carburant, électricité et notamment celle du gaz qui s’est accélérée depuis l’été dernier. Même si la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a renforcé ses contrôles en surveillant les transactions et comportements des acteurs énergétiques, le quotidien des entreprises n’en demeure pas moins complexe dans la gestion des dépenses concernant le poste énergie. Un équilibre qui, pour certaines exploitations énergivores, doit son salut aux investissements technologiques réalisés. C’est le cas des blanchisseries industrielles aseptiques “Catlinge” de Sournia et de Torreilles des “Ateliers Val de Sournia”. Des établissements E.S.A.T. dont la vocation est aussi d’apporter par le travail une meilleure intégration sociale pour des personnes en situation de handicap.

Jean-Luc Planes, cadre technico-commercial en charge des blanchisseries Catlinge, dans le local des produits lessiviels blanchisserie industrielle aseptique Catlinge ESAT de Sournia.

Vous l’ignorez peut-être, mais la dernière fois que vous avez séjourné dans un établissement médical ou hôtelier du département, le service de lavage et désinfection du trousseau de linge mis à votre disposition leur a certainement été confié. À la pointe de la technologie en méthodes de blanchissage et traitement bactéricide de tout type de linge et tenues professionnelles, les machines récentes de la chaine de nettoyage installées sur le nouveau site en Salanque, inauguré en septembre 2018, et celles de l’extension en cours de finition, sur le site des Fenouillèdes, sont adaptées pour traverser cette crise du coût des énergies. “Grâce à ces équipements, nous avons déjà constaté sur la blanchisserie de Torreilles une économie de l’ordre de 1/3 de la consommation annuelle en gaz, par rapport aux machines dont nous disposions lorsque nous étions installés à Saint-Laurent de La Salanque !” affiche avec satisfaction Jean-Luc Planes, cadre technico-commercial en charge des blanchisseries Catlinge. “Une performance que nous atteindrons également avec la blanchisserie de Sournia, car les équipements sont identiques à ceux de Torreilles”. Des économies substantielles en gaz mais aussi en électricité, grâce à des panneaux photovoltaïques qui assurent 60 % des besoins électriques de la blanchisserie de Sournia. Des rendements appréciables en cette période de hausses énergétiques s’accorde à dire l’équipe dirigeante, tout en rappelant que cela résulte du passage inévitable par la case du risque financier.

Technologies danoises

“4 millions d’euros pour l’établissement de Torreilles, 2,8 millions d’euros pour celui de Sournia, ce sont des investissements importants mais nécessaires que nous avons engagés avec la banque pour assurer notre compétitivité sur les marchés !” tient à préciser, Pierre Roulin, directeur des pôles de l’E.S.A.T., soulignant qu’aucune aide ou subvention n’ont été attribuées pour ces rénovations. Un marché industriel de la blanchisserie aseptique où la compétitivité et l’irréprochabilité des prestations ne laissent aucune place aux marges d’erreurs. Si ces nouveaux équipements, comme les séchoirs et chaudières basses pressions avec leurs brûleurs nouvelles générations apportent leur lot d’économie en gaz, les essoreuses et tunnels compartimentés de lavage ne sont pas en reste en matière d’économie d’eau. “Il faut savoir qu’une machine à laver classique consomme en moyenne 30 à 35 litres d’eau par kilo de linge, alors qu’avec nos tunnels de lavage compartimentés, la consommation ne représente que 3 à 4 litres d’eau par kilo de linge ! De plus, nous récupérons les eaux de la phase de rinçage que nous réincorporons dans celle du prélavage.” Détaille pédagogiquement Jean-Luc Planes, qui ne tarit pas d’éloges concernant ces technologies automatisées d’origine danoise. Optimisation de l’eau, dosages précis de produits lessiviels, économies de gaz, d’électricité, traçabilité du linge puçé RFID, autant d’atouts qui font de ces outils industriels la fierté de toute l’équipe de ces ateliers E.S.A.T. qui, rappelons-le, s’inscrivent comme des acteurs indispensables dans l’accompagnement et l’intégration de personnes fragilisées en situation de handicap, tout en assurant le maintient d’une vie économique, sociale et solidaire en zones rurales. 

Contacts : E.S.A.T. “Les Ateliers Val de Sournia” – 04 68 97 73 09 
https://vds-asso.fr/les-ateliers-presentation-de-le-s-a-t/

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