Ailleurs dans les vignes du monde… Janvier 2022 [par Yann Kerveno]

1 euro les 10 grammes

Les amateurs de vin irlandais en sont pour leurs frais. Dans l’optique de limiter la consommation, les autorités du pays ont mis en place un prix minimum pour les boissons alcoolisées. Le système est basé sur la quantité d’alcool contenue dans les boissons. Une boisson standard qui comprend 10 grammes d’alcool vaut dans ce système un euro. Appliqué au vin, cela donne pour une bouteille de 75 cl à 12,5 %, 7,4 unités d’alcool et amène le prix minimum d’une bouteille, même de la pire piquette, à 7,40 €. Le gouvernement irlandais table, suite à l’augmentation des prix, sur une diminution de 9 % de la consommation d’alcool dans le pays, et jusqu’à 15 % pour les plus gros buveurs.

Grenache de là-bas…

On sait le prix et la valeur des grenaches d’ici, mais il s’en cultive dans bien d’autres endroits du monde, comme en témoigne le concours organisé par le CIVR. En Australie, ce cépage emblématique du Roussillon a conquis les plus prestigieux vignobles, Barossa Valley et McLaren Vale et fut pendant des décennies, la première variété cultivée dans le pays. En partie effacé dans les années soixante-dix et quatre-vingt, l’arrachage était financé par le gouvernement, par le cabernet, la syrah et le sauvignon, le grenache connaît aujourd’hui un “revival”, en particulier chez les winemakers de la nouvelle génération.

… d’ici et vins oranges

Puisqu’on parle de grenache, sachez que l’appellation catalane Terra Alta vient de modifier son cahier des charges. Avec à la clé, la mise en place d’un système de certification renforcé pour les vins 100 % grenache blanc dont les vignes devront être âgées d’au moins huit ans, les rendements de 15 % inférieurs à ceux de l’appellation et titrer entre 12,5 et 15 %. Mais Terra Alta est surtout la première appellation à faire entrer, dans son cahier des charges, la production de “vins brisats”, comprenez les vins oranges… Toujours en Catalogne, la Covid a contraint les organisateurs de la Barcelona Wine Week à décaler leur salon. Il était prévu du 7 au 9 février prochains mais se tiendra finalement, en principe, du 4 au 6 avril 2022. 600 entreprises y sont attendues. De quoi booster les ventes des vins espagnols dont les exportations ont généré un chiffre d’affaires de 3,262 milliards d’euros pour les 12 mois compris entre octobre 2020 et octobre 2021. Soit une progression de 12 % par rapport à la période précédente.

Le déclic

Les vignerons australiens ont mené une intéressante étude pour mieux comprendre ce qui détermine l’achat des consommateurs lorsqu’ils sont en visite au caveau. Première règle, la qualité de l’interaction avec le personnel qui reçoit les visiteurs peut conduire à plus d’achat qu’envisagé au départ. En particulier chez les consommateurs les plus âgés. Deuxième enseignement, les offres spéciales, l’exclusivité et le service (livraison gratuite en particulier) semblent jouer un rôle plus important que les rabais ou les soldes. Enfin, troisième levier, le multicanal et une stratégie de communication fine et précise basée sur un fichier client bien renseigné sont la “clé pour maximiser les ventes” selon Wine Australia.

Malins les Australiens

Confrontées au blocage des ventes de leurs vins en Chine, les entreprises australiennes cherchent des moyens. Les plus ambitieux avaient été révélés à l’automne quand on avait appris que les deux plus importants groupes mondiaux, Accolade Wines et Treasury Wine Estate (RWE) étudiaient la possibilité de produire leurs vins en Chine pour contourner le barrage douanier… Pour TWE, l’idée était de produire du Penfolds, la marque phare de l’entreprise dont le marché chinois représente un quart des ventes… Pour autant, si TWE loue la qualité des vignobles chinois, sur place, on reste dubitatif en particulier parce que les coûts de production sont bien plus élevés qu’en Australie

Vous avez dit tendances ?

Et puisque nous sommes en début d’année, quelles sont les tendances à surveiller ? La revue Decanter s’est posé la question et a tenté d’y répondre en trois mots : styles, durabilité et approvisionnements en interrogeant des professionnels. Ils invoquent les “vins qui racontent des histoires”, la diversification des gammes, l’innovation pour aller chercher des consommateurs plus jeunes, les vins nature et les vins sans ou à bas taux d’alcool et les vins oranges…

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