Sardou, qu’on le veuille ou non… [par Karo et Didoo]

Nous étions partis en week-end chez des amis et, lors de nos balades véhiculées, nous avons fredonné, puis chanté et parfois même découvert les chansons d’un artiste, apparemment bien décrié… Et pourtant ! En réécoutant les paroles, et considérant ce qu’est devenue notre société, nous avions l’impression d’écouter ou de récouter un visionnaire, un avant-gardiste !

Celui-ci est né le 26 janvier 1947 à Paris, dans le 18e arrondissement. C’est un “Enfant de la balle”, fils unique de la danseuse et comédienne Jackie Sardou et du chanteur et comédien Fernand Sardou, d’origine provençale par son père et parisienne par sa mère. Ses grands-parents paternels étaient comiques de scène à Marseille et sa grand-mère maternelle était danseuse de cabaret dans la capitale. Il passera son enfance à suivre ses parents dans les cabarets parisiens et assistera à leurs tournées. Ainsi, brinquebalé de droite à gauche, il ne suivra pas très longtemps ses études qui, du reste, ne l’intéressent guère puisque sa passion sera la scène ! Il commencera à chanter dans les cabarets de Montmartre, puis rencontrera en 1966 son fidèle collaborateur et compositeur Jacques Revaux. Mais les gendarmes l’arrêteront et l’emmèneront pour son incorporation à Montlhéry qui donnera une chanson phare : “Le rire du sergent” !

Saviez-vous qu’en 1967, le président De Gaulle recommandera la non-diffusion à l’ORTF des “Ricains” et pour l’anecdote, un gendarme serait venu saisir ce 45 tours à Europe n°1 ! Jusqu’en 1970, il obtiendra une notoriété mitigée. Il lui faudra enregistrer l’album “J’habite en France” avec “Mourir de plaisir”  et “Les bals populaires” pour qu’il soit reconnu comme chanteur populaire, voire même chanteur d’une France dite profonde !
Les titres suivants, aussi entraînants qu’émouvants, très réalistes et très justes, le conduiront vers le sommet des hit parades (Le rire du sergent – 1971, Le surveillant général – 1972, La maladie d’amour, Les vieux mariés -1973, Une fille aux yeux clairs- 1974…)

La pensée unique, la culture intelligente…

Il a du succès mais est aussi critiqué par les féministes, les anticolonialistes, les politiques, tous le décrivant engagé à droite, fasciste… Malgré cela, les chanteurs Yves Montand, Serge Reggiani, Bernard Lavilliers ou Maxime le Forestier le soutiendront au nom de la liberté d’expression !
Si, à partir des années 1990, ses apparitions TV se font moins nombreuses, sa popularité demeure intacte et il établit souvent des records de fréquentation lors de ses tournées et concerts parisiens. Ce qui mérite un aparté : suite à l’élection de François 1er, roi de France pendant 14 ans, les encartés de la rose ont prôné la pensée unique et la culture intelligente… à gauche. Au moindre écart, tu étais classé de droite (voire FN, inculte, étriqué, vénal et libéral). Nous en sommes, pour la plupart, bien revenus. Et nous savons qui furent en définitive les profiteurs de cette époque si l’on considère la misère intellectuelle dans laquelle nous pataugeons. Il suffit, à ce titre, de regarder ou d’écouter les derniers films et chansons en vogue pour mesurer les conséquences de cet héritage et le dévoiement culturel du moment.

Et Michel n’était pas à gauche ! De la même façon que les apparatchiks parigots ont banni Lavilliers parce qu’ils lui trouvaient des “Gros muscles”, Sardou a disparu de la TV, détenue par… on vient de vous le dire.
Cet homme au grand cœur ne s’arrêtera pas à la facilité. Il s’engagera dans des œuvres caritatives, aux Restos du cœur, aux Enfoirés et il s’essaiera avec succès au théâtre.

Que l’on soit pour ou anti-Sardou, ce chanteur français, bien ou mal aimé, est toujours là, qu’on le veuille ou non, à côtoyer la vérité au plus près de nous !

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