Parce que rien n’est jamais simple #9 [par Yann Kerveno]

Pomme miniature

Elle est arrivée sur le marché français voici trois ans et connaît, dans le monde, un succès certain. Elle, c’est la Tiny Apple, une pomme miniature produite (issue de deux Gala) et commercialisée depuis la Nouvelle-Zélande par la société Rockit Global. L’entreprise, qui détient les droits mondiaux sur cette pomme qui pèse tout juste 100 grammes à la cueillette, en expédiera cette année 100 millions dans le monde et 400 millions par an en 2025, quand tous les vergers de PremA96, c’est le nom de la variété, seront entrés en production.

Prix alimentaires

Mais ce qui inquiète aujourd’hui, c’est bien le risque que fait peser la hausse des prix alimentaires. Selon les indicateurs de la FAO, l’agence des Nations Unies en charge de l’alimentation, ceux-ci ne cessent de progresser et ont atteint en mai dernier 127,1 points, leur plus haut depuis 2011. Avec une progression plus forte sur les céréales (maïs en particulier), les huiles végétales et le sucre.

Comment concilier agriculture et biodiversité ?

C’est un débat de techniciens, ou de gens informés pour le moins, mais il sous-tend toutes les discussions autour de la protection de la biodiversité et de la place de l’agriculture. Ce débat, c’est celui du “land sharing” contre le “land sparing”. Et en français me direz-vous ? J’y viens.
Le “land sharing” consiste à déployer l’agriculture en s’assurant qu’en plus de produire, elle favorise la biodiversité. C’est en quelque sorte la voie de l’agriculture biologique, pour faire simple, et cette voie implique une diminution importante des rendements par la suspension de l’usage des produits phytosanitaires et des engrais de synthèse. Il est simple alors de comprendre que pour produire autant afin de satisfaire la population mondiale, il faut développer les surfaces cultivées pour compenser la perte de rendement. L’autre approche c’est donc le “land sparing”.
Extensif ou intensif ?
Comprenez, la spécialisation, la concentration de production très intensive sur de petites surfaces avec tous les outils modernes, phytos, OGM, engrais de synthèse, qui permettent, par l’économie de surface réalisée grâce à la progression des rendements, de libérer des hectares à rendre à la nature et à la biodiversité. Survenu dans le débat public depuis une vingtaine d’années, ce débat est loin d’être tranché. Et les études menées depuis dans différents pays développés ou en voie de développement tendent à montrer qu’il n’y a pas une solution miracle et que, comme souvent, les choses ne sont pas si simples. Il faut donc penser à combiner les deux systèmes et adapter la réponse à la chute de biodiversité (oiseaux, insectes) au contexte local. Contextes agronomiques et naturels sans oublier les consommateurs et les marchés ravitaillés par ces territoires.

Gare aux étincelles

Puisqu’on nous promet un été chaud, le risque incendie pointe le bout de son nez. Quand on regarde dans la base de données Prométhée, qui liste l’ensemble des feux de forêts survenus en France depuis 1973, on peut ainsi avoir une idée de l’impact des incendies sur les paysages. Depuis cinquante ans, ce sont plus de 56 000 hectares (560 km2) qui sont partis en fumée dans les Pyrénées-Orientales au cours de plus de 4 800 incendies. Le département a compté durant cette période 11 grands feux, dont la superficie dépasse 1 000 hectares, le plus important étant survenu en 1976 dans les Aspres au départ de Corbère-les-Cabanes avec 6 600 hectares ravagés.
En nombre d’incendies cumulés, Argelès et Banyuls figurent en bonne place mais c’est la zone autour d’Ille sur Têt qui a le plus souffert de grands feux ces cinquante dernières années. Dans l’Aude et pour la même période, 4 943 incendies ont détruit 44 394 hectares (443 km2). Gare aux mégots et aux barbecues sauvages !

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