Parce-que rien n’est jamais simple #7 [par Yann Kerveno]

Agriculture regénérative

Soyez certains, vous allez entendre parler de l’agriculture regénérative dans les mois et les années qui viennent. Sans standard, sans certification, cette nouvelle agriculture est capable de produire ce dont nous avons besoin tout en prenant soin de l’écosystème et de notre planète. On y met ce qu’on veut et chacun des systèmes essaye de s’approprier le concept, né dans les années soixante-dix, de la bio à l’agriculture de conservation en passant par les grandes multinationales de l’alimentaire. Aux États-Unis, les producteurs d’œufs se sont saisis du terme pour en faire un atout commercial, ailleurs Nestlé, Marfrig, General Mills, entre autres géants, s’en sont saisi comme l’outil ultime qui leur permet de faire coïncider profits avec le respect de la planète. Alors Greenwashing ou révolution à venir ? Réponse dans 10 ans !

Prairies et herbivores

Dans les polémiques sans fin qui agitent vegans militants et mangeurs de viande tout aussi militants, il est souvent reproché à ces derniers de maltraiter la planète. Parce que l’élevage pollue, consomme des ressources et qu’il serait bien trop dispendieux pour l’environnement. L’Académie d’agriculture de France a organisé la semaine passée une de ses sessions autour de la question des prairies et des herbivores. Le chercheur Bertrand Dumont y est venu expliquer, entre autres, que l’analyse de cycle de vie, qui conduit à pointer du doigts les effets néfastes de l’élevage, n’est pas pertinente parce qu’elle ne prend pas en compte les aménités ou externalités de l’élevage, de la valorisation de plantes immangeables par l’homme au maintient des milieux ouverts… La séance peut se voir en replay sur la chaîne youtube de l’Académie d’agriculture.

Mutagénèse dirigée

La semaine passée l’Europe s’est aussi penchée sur la question des NBT, comprenez les “New Breeding Technologies” qui permettent, grâce en particulier aux ciseaux moléculaires Cripr-Cas9, de gagner un temps fou dans la sélection végétale. On appelle ça de la mutagénèse dirigée et la controverse n’en finit plus pour déterminer si les produits issus de ces technologies sont des OGM ou non. Pour les anti-OGM, ils en sont, sans nul doute, et ce point de vue a été conforté par une décision de la Cour européenne de justice en 2018 qui impose pour ces produits les mêmes règles que celles valables pour les OGM.
Les partisans des NBT expliquent que puisqu’il ne s’agit que de faire muter des gènes présents dans les plantes et qu’il n’y a pas d’introduction de gène étranger, ils ne peuvent être soumis à la législation sur les OGM. Et que sans cette technique, la recherche européenne et toute l’agriculture, prennent du retard par rapport aux États-Unis en particulier, où les NBT sont monnaie courante. Et qu’en plus, on se prive d’outils pour adapter rapidement l’agriculture aux défis climatiques de notre temps. On en saura plus dans les semaines qui viennent.

Riz français

Sachez enfin que la production de riz français, 80 000 tonnes en 2020, pourrait chuter de 30 % cette année. En cause, le retrait de produits phytosanitaires et les impasses auxquelles il conduit en Camargue. Pour limiter la pression des bioagresseurs, les riziculteurs développent des rotations au profit du maraîchage et au détriment des surfaces de rizières.

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