Parce que rien n’est jamais simple 2022 – #21 [par Yann Kerveno]

Les premiers coups de boutoir des pénuries

C’est dans le Sud du Texas que nos confrères du New-York Times sont allés constater les premiers effets délétères des pénuries alimentaires. Ce n’est pas encore la Bérézina mais peut-être le signe des temps à venir. Il s’agit en l’occurrence de lait pour les enfants en bas âge. Les familles étant parfois obligées de courir les alentours pour trouver ce dont elles ont besoin, sans forcément y parvenir. La crise est liée à plusieurs facteurs. Le premier c’est le rappel de produits pour des intoxications. Le second, le coup de grâce en somme, ce sont les trop grandes tensions sur les chaînes de production et la pénurie de main-d’œuvre. Avec pour conséquence, un taux de ruptures de stock en magasin qui a atteint 43 % à la mi-mai, en hausse de 10 % par rapport au mois précédent. Ce qui contraint les parents de nourrissons, souvent parmi les populations les plus fragiles, à rationner les enfants où à se rendre dans les services d’urgence.

Sécheresses

On cause beaucoup de sécheresse ce printemps et avec raison. Selon l’agence de l’ONU chargée de combattre la désertification qui vient de publier un rapport sur le sujet, l’humanité est aujourd’hui à un tournant, ou un croisement, comme vous voudrez, en la matière. Le rapport a calculé que le nombre de sécheresses, et leur durée a augmenté de 29 % depuis 2000, qu’entre 1970 et 2019, elles représentent 15 % des catastrophes naturelles mais que ce sont elles qui ont fauché le plus de vies, 650 000 personnes. Enfin qu’entre 1998 et 2017, elles ont coûté à la planète la bagatelle de 124 milliards de dollars.

Irrigation

En attendant, par ici, la Cour d’appel de Bordeaux a donné raison aux plaignants contre des irriguants exploitants 5 bassines, 1,5 million de mètres cubes, en Charente-Maritime. Ce contentieux, maintenant vieux d’une quinzaine d’années, se solde par l’annulation de l’autorisation d’exploiter des bassines, pourtant délivrée déjà à deux reprises par les services de l’État et la préfecture du département.

Taureau et céréales

Sachez sinon qu’un taureau Hereford a été vendu pour 130 000 dollars australiens et qu’il s’appelle Mawarra Ultra Star. Il avait été sacré champion national la veille. Que la Slovaquie, à l’instar de l’Inde, a proposé à l’Union européenne de restreindre ses propres exportations de céréales, une volonté condamnée illico par la Commission. De l’autre côté du monde, l’Australie et la Nouvelle-Zélande viennent d’autoriser la consommation de blés OGM, à la suite de l’Argentine et du Brésil. Et que des chercheurs sont parvenus à identifier un gène capable de faire progresser la productivité du blé de 5 %. C’est peu sur un épi, mais sur 750 millions de tonnes de blé produites dans le monde, cela représente quelques wagons !

Coût des OGM

Enfin, le chiffre vaut ce qu’il vaut mais il est intéressant à connaître. Il en coûte 155 M $ pour produire une plante OGM, de sa conception aux dossiers d’autorisation à fournir aux agences de sécurité sanitaires. Les recherches génétiques et les phases de test représentant 55,8 % du budget, la phase réglementaire 37,6 % du coût total. Pour une durée moyenne de 16,5 ans par projet.

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