Mélenchon, Bayou, Faure et Roussel voyageaient ensemble dans un autobus électrique… [par Jean-Paul Pelras]

À l’heure où, après plusieurs jours de discussions, La France Insoumise et Europe Écologie-Les Verts viennent d’aboutir, dans la nuit de dimanche à lundi, à un accord concernant les élections législatives sous la bannière “Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale”. À l’heure où ce qu’il reste des partis Socialiste et Communiste tente de grimper dans le train en première classe sans avoir les moyens d’acquitter son billet. À l’heure où l’alternative du transport tout électrique fait, pour ainsi dire, long feu en quelques secondes dans les autobus lutéciens. À l’heure où toutes les enseignes de fast-food n’ont plus que le hamburger végétal à la bouche et dans tous leurs spots télévisés. À l’heure où la guerre en Ukraine et les retombées de la crise sanitaire ne suffisent pas à convaincre les adeptes de la décroissance sur les enjeux de notre autonomie alimentaire. À l’heure où, comme il fallait s’y attendre, le bio et le pouvoir d’achat commencent à ne plus très bien s’entendre. À l’heure où les préoccupations des Français ne sont plus vraiment celles de Greta… Nous assistons, après une petite accalmie électorale et le gadin d’un parti qui ne parvint même pas à atteindre le seuil des 5 %, remboursable, au retour triomphal de l’écologie. Celle qui bouffe à tous les râteliers pourvu qu’ils lui permettent d’exister.

L’écologie, cette “addiction” dont plus aucun parti ne peut se passer car elle est politiquement correcte, intellectuellement incontournable, socialement irréprochable, forcément de gauche, donc honnêtement idéalisée. Rajoutons à cette liste non exhaustive pétrie de bon sentiments, l’aspect pécunier d’un courant qui, des magasins de sport aux garages automobiles en passant par tout ce qui nous pousse à consommer, vend de l’écologie pour, bien sûr, nous aider à mieux manger, mieux respirer, mieux s’abriter et mieux se déplacer. À condition, bien sûr, que le bus en fusion ne prenne aucun passager. Un incendie pyrotechnique, vous l’aurez remarqué, qui n’a déclenché aucune polémique majeure, qui fut rapidement relayé dans l’actualité et sur lequel nous reviendrons peut-être le jour où 50 personnes périront carbonisées dans l’explosion.

Tous ensemble, tous ensemble… Et sans trembler !

Car l’écologie fait vivre ceux qui en ont fait un marché. Des industriels, y compris de l’agroalimentaire, qui investissent dans cette tendance car elle obéit aux codes de la sobriété environnementale, aux politiques qui en font une priorité en lui promettant un fauteuil à Matignon et quelques strapontins à l’Assemblée, elle impose ses dogmes à ceux qui n’ont pas toujours les moyens de les accepter. Le cumul des taxes, existantes ou à venir, imputables aux caprices des écologistes que ce soit dans le secteur agricole, industriel, commercial ou dans notre vie quotidienne est devenu totalement inacceptable, inadaptable, inadapté.

Ceux qui en font la promotion feraient mieux de quitter leurs lofts parisiens et leurs tours climatisées pour prendre la mesure, sur le terrain et sur plusieurs années, de la réalité. La vie n’est pas un discours prononcé sur une tribune ou sur un plateau de télévision pour galvaniser les populations. Que savent Bayou, Roussel, Faure, Mélenchon de notre quotidien quand ils passent leur vie à faire de la politique avec des indemnités quatre fois supérieures au salaire moyen des Français ? Que savent-ils du modus vivendi paysan auquel ils veulent imposer des loups dans les montagnes, des coquelicots dans les champs, des tourniquets blancs dans les campagnes et la pioche pour remplacer le désherbant ? Sont-ils prêts à venir se servir de l’outil sous un soleil de plomb, du matin au soir, en plein mois de juillet ? Sont-ils prêts à sacrifier leurs indemnités pour aider ceux qu’ils veulent taxer ?
Allez, pour faire court et pour donner le résumé des résumés, sont-ils prêts à monter dans un autobus électrique pour célébrer leur union, tous ensemble, tous ensemble… Et sans trembler ?

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