Et si les écolos prenaient le pouvoir ? [par Jean-Paul Pelras]

Il ne se passe plus une journée sans que les environnementalistes imposent leurs points de vue. Et ce, la plupart du temps, non sans une certaine arrogance. À l’instar de Julien Bayou qui s’en prenait, lors de sa campagne électorale, aux retraités, aux chasseurs et à quelques personnalités arbitrairement choisies par celui qui vient de récidiver la semaine dernière en empruntant, cette fois-ci, aux codes de la politique spectacle. Le candidat aux élections régionales en Ile de France publiait récemment, sur son compte Twitter, un photo montage où il avançait d’un pas décidé en compagnie de ses nouvelles colistières Audrey Pulvar (PS) et Clémentine Autain (LFI), tel Pierce Brosnan à l’affiche du Pic de Dante, conquérant et vainqueur, précèdant un incendie ou une explosion en arrière-plan.
Certains verront ici l’image du purificateur sauvant, par les flammes, la planète de tous ses maux. D’autres y verront plutôt la désolation laissée par le passage du héros et de ses amazones. L’écologie est devenue, à ce titre, le pis-aller de la politique. Celle qui est censée détenir le monopole de la vertu, de l’allocentrisme et du ridicule réunis.

Julien Bayou à qui, allez donc savoir pourquoi, l’on peut prêter une certaine ressemblance avec Cohn Bendit, est sans aucun doute en train de devenir la star montante d’une nouvelle génération d’écologistes pressés d’en finir avec une société qu’ils veulent renverser. Oui “renverser”, car il ne s’agit plus de réformer ou de bricoler en négociant avec les valeurs du passé, mais bien d’imposer sans délai un nouveau monde au nom de l’urgence climatique. Quitte à heurter, à mépriser, à s’arroger tous les droits et à prescrire tous les devoirs sans tenir compte des cœfficients économiques, sans tenir compte des contraintes sociales, sans tenir compte, en définitive, des impératifs politiques.
Imaginons un pays gouverné par Bayou avec, pourquoi pas, Pulvar Premier ministre et un gouvernement ou siègeraient Bové, Autain, Cohn Bendit, Mamère, Arthus Bertrand, Hulot, Clément, Rabhi, Dion (Cyril), Jadot, Nicolino, De Rugy, Veillerette, Cotillard, Voynet, Duflot…

Sur le fructueux marché des coalitions…

Oui, imagions ce qui pourrait ressembler à la prochaine (dé)composition d’un État géré majoritairement par des environnementalistes. Lesquels sont omniprésents dans le débat politique depuis René Dumont en 1974, avec des scores qui n’ont pas de quoi faire trembler les suffrages, mais qui sont pourtant de nature à susciter toutes les convoitises.
Si le Rassemblement National est, effectivement, ad vitam aeternam condamné au fameux plafond de verre, car il ne peut fusionner avec aucune autre obédience, l’alliance avec les écolos se négocie désormais au prix fort. Sur le fructueux marché des coalitions, fussent-elles contre nature, ils s’imposent à gauche comme leaders des “forces” en présence et pourrait bien renverser la table politicienne, comme ce fut le cas lors des municipales dans certaines métropoles, en misant sur l’inattention ou l’incurie de la concurrence.
Les caciques de la politique n’ont qu’à bien se tenir. Car, même si, pour l’instant, ils ne se précipitent pas sur les urnes, les contemporains de Greta Thunberg pourraient bien opter pour ces contestataires d’un autre genre, perméables, comme l’écrivait ailleurs Cocteau, à tout ce que la jeunesse ne veut pas avant de savoir ce qu’elle veut.

Résultat des courses, le monde agricole en particulier peut se préparer à vivre une époque de vaches maigres. Ou plutôt une époque où les vaches auront disparu. Et avec elles, les paysages que l’élevage permettait d’entretenir et de sécuriser. Tout comme l’ensemble des productions devra composer avec les caprices d’une poignée d’enfants gâtés tous justes bons à faire la différence entre une bêche et un râteau qui, depuis les villes où ils polluent 100 fois plus que les ruraux, imposent leurs lubies et leurs idéaux.
Le monde de demain sera celui des végans, des voitures électriques (et des centrales nucléaires), du bio (importé), de l’éolien, des taxes écologiques et énergétiques… Nous assisterons à la disparition de l’autosuffisance alimentaire car l’agriculture ne pourra plus supporter les normes imposées et verra disparaître sa compétitivité au profit de pays concurrents. Le pouvoir d’achat des ménages sera impacté, car les moyens de transport et de production qui permettaient aux plus modestes de circuler, de se chauffer, de travailler seront soumis à un arsenal de contraintes couteuses et inadaptées.
De quoi donner raison à Bayou puisque, effectivement, l’affiche de son scenario sera bien celle d’une terre plus brulée que sauvée.

One thought on “Et si les écolos prenaient le pouvoir ? [par Jean-Paul Pelras]

  • 1 juillet 2021 à 18 h 05 min
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    Je n’ai pas votre qualité de plume mais je suis content de m’apercevoir que je ne suis pas le seul à penser de cette écologie partisane extrémiste qui hélas à force de se voire relayé dans les médias et par presque toutes les forces politiques de notre pays devient presque la norme de la bien pensante i’intellectuelle en particulier chez les jeunes que l’on sait très influençables en manière d’extrêmes

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