Les riverains, le verger et le taureau… [par Jean-Paul Pelras]

La cohabitation entre l’agriculture et son voisinage se complique. En témoignent ces deux exemples qui illustrent le basculement d’un mode de vie ancestral vers celui de l’intolérance.

Commençons par cette affaire dont l’intrigue se déroule à Saint Yrieix, dans la Haute Vienne. Une association de riverains s’est constituée pour dénoncer l’implantation d’un verger de pommiers sur un terrain de 30 hectares cédé par la communauté de communes. Des terres qui devaient être destinées à un jeune agriculteur afin qu’il puisse y planter une variété de pommiers du Limousin pour la coopérative Limdor, comme l’explique le journal La Montagne dans son édition du 24 mai. L’association réclame l’abandon du projet qu’elle juge inadapté à cause des habitations, de la qualité de l’eau et des traitements phytosanitaires. Sont également désignés les filets pare-grêle susceptibles de “faire une tache blanche visible de loin”. 120 signatures ont été recueillies et une lettre a été adressée à la com’ com ainsi qu’à la Safer. Le directeur de Limdor a voulu rassurer en organisant deux réunions au cours desquelles il expliqua qu’il s’agirait de pommes golden bio. Le responsable de l’association a trouvé la réponse insuffisante : “le bio nécessite autant de traitements que le conventionnel, le souffre et le cuivre notamment”.

Transportons-nous à présent plus au Sud, dans la commune corse de Sant’Andréa d’Orcino où, selon nos confrères de France 3, les beuglements d’un taureau en rut importuneraient les riverains. Le jeune bovin, au moment de se rappeler au bon souvenir de ses conquêtes, dépasserait ainsi le nombre de décibels supportables. L’histoire ne dit pas si la bête est critiquée pour porter davantage atteinte aux tympans qu’à la morale. Une situation ubuesque qui devient, hélas, de plus en plus fréquente. Ce qui fit dire à l’éleveur : “C’est hallucinant, ça montre bien ce que deviennent nos campagnes.”

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