Le plan de relance pour consolider la filière viande [par Yann Kerveno]

Le plan de relance mis sur pied par le gouvernement va venir consolider le plan viande initié dans les Pyrénées-Orientales depuis trois ans. Les deux dossiers présentés ont été lauréats dans leur catégorie. Plusieurs millions d’euros seront investis.

“On peut faire cocorico quand même !”. Le président de la coopérative catalane des éleveurs, Tony Baurès, ne cache pas sa satisfaction de voir les deux projets présentés par la filière viande remarqués par le plan de relance. Le premier, autour de la structuration de la filière, est lauréat national, le deuxième, construit autour de l’abattoir, est lauréat régional. “Tout ceci s’inscrit dans la continuité du plan viande que nous avons mis en place avec la Région et le Département depuis trois ans” rappelle Tony Baurès, “et si l’on remonte un peu plus loin, parce que nous sommes toujours dans la même démarche, cela remonte à une trentaine d’années, au moment où la coopérative a décidé de miser sur le local et le circuit court pour s’extraire des fluctuations du marché du maigre, c’était alors 100 % de notre production.” Et Tony Baurès de lister les investissements consentis depuis lors : 7 M € pour le nouvel abattoir en 2015, plus de 8 M € engagés par Guasch pour ses propres installations, 250 000 euros pour le plan viande depuis 2017…

Et pour quels résultats ? “Quand nous avons construit l’abattoir, nous étions à 3 300 tonnes annuelles, cette année, six ans après donc, nous sommes à 5 000 tonnes et nous espérons être à 7 000 tonnes dans cinq ans” ajoute-t-il. Le hic, parce qu’il y a un hic, c’est que l’agrément sanitaire de l’abattoir fut alors délivré pour 4 500 tonnes. Et qu’il faut aujourd’hui mettre l’ensemble à jour. C’est là que le plan de relance intervient. Le projet de modernisation de l’abattoir a été crédité de 1,44 M € par le plan de relance sur une facture de 3,63 M €, “c’est le taux maximum que nous pouvions obtenir” se réjouit encore Tony Baurès.

Plus de capacités

Les travaux porteront sur l’augmentation des capacités, extension de la bouverie, extension des capacités de ressuyage et de stockage et création d’une ligne d’abattage entièrement dédiée aux porcs. Le second dossier élu par le plan de relance concerne plus généralement la structuration de la filière. La coopérative a été dotée de 90 000 euros sur un investissement de 200 000 euros portant sur la mise à jour de l’infrastructure informatique de l’entreprise (pour gérer la planification), la modernisation du centre d’allotement de Ria et la refonte du marketing des différentes filières qui sera achevée cet hiver. Le second volet de ce dossier concerne les établissements Guasch qui se voient dotés de 2,20 M €, sur un investissement de 9 M € destinés à la construction d’une usine de transformation de charcuterie. “Nous devons ces résultats au travail de la Chambre d’agriculture” souligne par ailleurs Tony Baurès, qui en est aussi le vice-président, “parce que c’étaient des dossiers nouveaux, très techniques à monter…”
Ces investissements doivent aujourd’hui permettre d’absorber le développement des productions. “Nous sommes parvenus à doubler le nombre de veaux Rosée des Pyrénées commercialisés cette année avec près de 180 animaux et nous attendons encore 20 ou 30 % de croissance en 2022” se réjouit-il. “Et c’est pareil pour les veaux primeurs ou les agneaux…”

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