En même temps… [par Gilles Tibié]

Tout bien réfléchi, le terme n’est pas si illogique ou incongru qu’il n’y paraît où ce que d’aucuns voudraient le faire paraître. Je me suis moi-même interrogé sur cette expression qui, aussitôt utilisée par le président Macron, fut largement brocardée et moquée. Finalement, nous faisons tous du “en même temps” et plus souvent qu’à notre tour. Sauf à être totalement sectaire ou drapé dans une camisole de certitudes.

Durant les soirées de cet été, lorsque je déambulais dans les rues de Perpignan, je me suis interrogé sur ce fameux “en même temps”. Il m’est alors revenu les propos tenus, deux ans auparavant, par certains “amis” s’autoproclamant très ouverts et très au fait de la vie de la cité. Ces derniers n’avaient pas hésité, la main sur le cœur, à m’inviter à déménager dans le seul but de me protéger de ce qui semblait, à leurs yeux, devenir une planète sombre et glaçante. Sans culture, sans harmonie, sans joie et, pire, sans humanité ! Je m’imaginais, à l’instar de David Vincent, découvrir ces fameux envahisseurs venus d’une autre planète au pied du Castillet ou sur les berges de la Têt. On m’avait tellement mis en garde… J’avoue avoir eu peur !
Une peur qui s’est peu à peu estompée laissant place à de la sérénité, à de la normalité, à de la simplicité. Loin, très loin de ce que – toujours les mêmes – éternels et irrécupérables hurluberlus aigris présentent, encore et encore, comme une enclave enkystée par des envahisseurs extrémistes cornaqués par un gourou malfaisant.

Si l’on reste entravé dans ses certitudes

Au gré de mes promenades nocturnes à travers la Ville qui se veut désormais rayonnante, je me suis laissé bercer par le côté bucolique de la prestation d’une fantastique vocaliste au pied du Castillet, je me suis surpris à jalouser les couples virevoltant place de la Loge sur des airs de tango et autre bossa nova, je me suis laissé entrainer dans l’univers de la soul-music de Marta High place de la République, j’ai découvert un spectacle qui m’était totalement inconnu sur la scène installée sur la Basse : les danseurs de l’opéra de Paris… Spectacle féérique.
Tout en dégustant un excellent magret de canard à la table de la Gourmeterie sur le site de Têt en Fête, une réflexion résonnait dans ma mémoire. Par quel processus, je n’ose pas employer le terme miracle, une telle confrontation avait pu s’opérer dès lors que j’étais pourtant sans lien aucun avec cette cité.

En même temps, me disais-je, sauf à se laisser aller à la critique et à la dénonciation systématique, si l’on ne prend pas la peine de venir observer la réalité, si l’on ne cherche pas à comprendre, si l’on reste entravé dans ses certitudes, l’on est incapable de raison et de sensibilité.
Contrairement à tant d’autres, je pourrais dorénavant parler en connaissance de cause…

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