Caves Byrrh : un chantier prestigieux pour des pointures de l’artisanat local ! [par Thierry Masdéu]

Depuis le début d’année, la menuiserie bois Massuet à Thuir et la ferronnerie d’art Vidal du Soler ont entamé la réfection des célèbres cuves en chêne des caves Byrrh de Thuir. Des travaux peu communs et d’une ampleur fortement symbolique, car il s’agit de la préservation du patrimoine thuirinois. Un marché et défi de taille pour ces deux artisans sélectionnés, avec pas moins de 70 foudres de 2 000 hectolitres à restaurer.
La plus grande cuve en chêne au monde des caves Byrrh avec 10 m de haut et 12 m de diamètre d’une contenance d’un million 200 litres.

Sans compter la pièce maîtresse : la plus grande cuve en chêne au monde ! Ouvrage d’une contenance de plus d’un million de litres qui donne le vertige avec ses 10 m de haut et 12 m de diamètre que les deux artisans se réservent pour finaliser leur chantier, d’ici un an…
Rachetée en 2011 comme friche industrielle par la Communauté de communes des Aspres, l’aile touristique des caves Byrrh, transformée en musée scénographique, entame, avec cette réhabilitation des cuves, la phase la plus attractive de son projet culturel. Un investissement à hauteur de 1 097 100 € qui sera aussi financé par des aides du patrimoine comme la Mission Stéphane Bern, ou encore par des appels aux dons.

Un acte de restauration qui s’imposait après plus d’un siècle d’existence pour certains de ces foudres qui, vidés de leur contenu depuis plusieurs années, se sont fortement desséchés. “Les lames de bois n’étant plus sous pression, les cerclages qui les maintiennent ont quitté leurs emplacements et sont descendus de plusieurs centimètres !” témoigne Bruno Vidal, le ferronnier d’art, qui a du créer des outils spécifiques et étudier, avec le menuisier ébéniste Robert Massuet, son compère de chantier, une méthodologie d’intervention sans pour autant utiliser des moyens de soudure in situ. “Pour respecter le cahier des charges sécuritaires des monuments historiques et œuvrer comme nos ainés, nous nous sommes inspirés de la grande cuve qui dispose de brides de serrage pour l’ajustement des cerclages. L’intervention consiste donc à couper les cerclages des 70 cuves et y adapter les brides qui sont fabriquées à la forge. Ensuite, nous remontons le tout aux emplacements initiaux en terminant par les ajustements et serrages mécaniques.”

Si, théoriquement, la procédure peut sembler évidente, cette mise en œuvre n’en demeure pas moins complexe. Tant par le gabarit des cuves qui en impose, avec leurs mensurations de 7 m de diamètre par 7,50 m de haut, que par l’espace exigu qui sépare l’alignement entre chaque foudre.

Ingéniosité et adaptabilité

Un procédé qui exige un travail minutieux et habile, à l’échelle et sur les échafaudages qui ont été fabriqués pour l’occasion. À ce jour, plus d’une vingtaine de cuves ont déjà bénéficié de ces soins artisanaux qui consistent également, pour certaines d’entre elles, à la restauration de leurs chapeaux. “La problématique sur ces foudres, ce sont les lames des plafonds qui se sont détériorées. Il y a deux ou trois ans, nous étions déjà intervenus pour procéder à une réfection provisoire afin de ralentir la dégradation et prévenir de toute chute accidentelle !” évoque le maître ébéniste Robert Massuet qui a déjà à son actif l’expérience d’un tonnelier avec plus d’une quarantaine de cuves totalement réhabilitées. “Aujourd’hui, nous procédons au démontage de l’ensemble des chapeaux de cuves qui sont abimés, nous remplaçons les lames cassées ou voilées par de nouvelles, toujours en bois de chêne, et ensuite nous remettons les traverses pour conserver l’aspect initial et garantir la sécurité.”

Vue des chapeaux des cuves en chêne de 7,50 m de haut et 7 m de diamètre d’une contenance de 2 000 hectolitres.

Prouesse de technicité qui démontre une fois encore, avec ce chantier de restauration atypique, l’ingéniosité et l’adaptabilité que développe le milieu artisanal pour honorer ses engagements. Un cas d’école qui fera aussi l’objet de visites pédagogiques pour les classes de CFA, mais également pour les Compagnons du devoir, curieux de découvrir les procédés utilisés.
Des artisans devenus experts dans la rénovation, que le syndicat national de la CAPEB a retenue pour figurer dans une Web-Série. Campagne d’information et de promotion de l’artisanat, à visualiser et partager sans modération…

Contacts :
• Ferronnerie Vidal – Bruno Vidal : 04 68 92 10 60 – https://www.ferronnerie-vidal.com/
• Menuiserie Massuet – Robert Massuet : 04 30 44 08 80 – https://www.menuiserie-massuet.com/

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