Ailleurs dans les vignes du monde… [par Yann Kerveno]

Italie

Les vins européens sont épargnés, pour l’instant, par les sanctions qui frappent la Russie. En effet, le quatrième volet de sanctions inclut bien les vins dans la liste mais uniquement ceux qui relèvent du secteur du luxe, donc à condition que leur prix unitaire dépasse les… 300 euros. L’enjeu n’est pas négligeable pour la viticulture européenne.
L’Italie est le principal fournisseur de vins du pays (149 M € en 2021, 30 % de parts de marchés). Le pays a d’ailleurs fait ses comptes et présenté de belles conclusions pour l’année passée. Les trois régions leaders du pays, la Vénétie, le Piémont et la Toscane, représentent désormais 67 % des exportations de vins du pays (4,8 milliards d’euros), en forte progression. Si la Vénétie reste la région leader, elle progresse de 11,1 % à 2,4 milliards d’euros, c’est la Toscane qui enregistre la plus forte progression l’an passé, + 16,4 % à 1,1 milliard d’euros. Le Piémont progresse lui de 12,2 % à 1,2 millard. Au total, les exportations italiennes ont progressé de 12,4 % par rapport à 2020 (année de Covid) avec un chiffe d’affaires de 7,1 milliards d’euros.

Effet ciseau à venir ?

Après deux années très perturbées par la Covid, le monde du vin va-t-il maintenant souffrir de la guerre en Ukraine ? Le site Wine Business International a tenté de deviner ce qui pourrait se passer dans les semaines et les mois qui viennent. Pour l’instant, les Russes ont annoncé un embargo sur les vins en provenance des États-Unis. De son coté, nous l’avons vu plus haut, l’Europe a pris la décision de suspendre les exportations des vins à plus de 300 euros mais la crainte, aujourd’hui, c’est que la Russie décide d’un embargo sur l’ensemble des vins européens, comme ce fut le cas en 2014 pour l’agroalimentaire, au moment de l’annexion de la Crimée. Les importations russes de vins comptent pour 32 % du marché domestique dont plus de la moitié, 56 %, provient de l’Union européenne. Si l’embargo n’est pas diplomatique, il sera peut-être cependant économique avec la dévaluation du rouble et la fin de sa convertibilité ou l’augmentation des taux d’intérêts qui risquent de plomber, sur place, les distributeurs à court de cash. Sans aller, c’est envisageable, jusqu’aux banqueroutes des banques, il faudra aussi compter avec les difficultés d’approvisionnements liées aux suspensions des lignes commerciales maritimes ou aériennes et surtout avec l’effet ciseau de la baisse du pouvoir d’achat des Russes, – 30 % prévus en 2022 et l’augmentation du prix du vin. Avant la crise, le prix moyen d’une bouteille était de 350 roubles (4,2 €), un malbec argentin qui valait 369 roubles a atteint ces derniers jours 630 roubles et un champagne Roederer Brut est passé de 8 790 à 12 200 roubles, quand le salaire minimum en Russie est de 13 890 roubles.

Imprimer son jaja ?

Parlons un peu technologie et le vin n’échappe pas aux chimères. Une start-up de la Silicon Valley vient de présenter une imprimante moléculaire capable de produire des boissons. Cana One, c’est son nom, est présentée comme étant capable de produire toutes sortes de boissons, du café aux boissons énergisantes en passant par les soft drinks les jus de fruits et… le vin. Avec, pour l’utilisateur final, la possibilité de gérer pour chaque boisson, en raison de la technologie employée, des microfluides, de contrôler les niveaux d’alcool et de sucre. Une protection a même été imaginée, par code pin, pour que les enfants ne profitent pas de l’absence des parents pour se préparer un petit gorgeon. On n’arrête pas le progrès et la machine vaudra autour de 800 $ !

Million dollar babies

Rêvons un peu maintenant devant les trois bouteilles les plus chères du monde (qui ont, elles, été produites par des vignerons). Un million de dollars, c’est le prix d’un col de 6 litres d’un cabernet sauvignon de Glass Sliper Vineyard (Napa Valley), millésime 2019. Cette bouteille devance un Romanée-Conti (Bourgogne) grand cru de 1945, 558 000 $ pour 75 centilitres. Le podium est complété par un autre cabernet sauvignon californien, Screaming Eagle 1992, vendu 500 000 dollars.
Les prix ne sont pas aussi élevés mais les producteurs de Cava catalan ont réalisé, en 2021, une année exceptionnelle avec une progression, de leurs ventes de 17,3 % à 252 millions de cols, dont les deux tiers à l’export qui progresse de 11,3 % avec une percée remarquable aux États-Unis (+ 40 %).

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